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LA MERE DE DIEU

1 . L'histoire sacrée rapporte que le jour de la Pentecôte, Marie, la Mère de Dieu, était en prière avec les Apôtres. Il y a un rapport spécial entre Marie et Jésus : ce même rapport doit se retrouver dans la vie de l'Église.

L'Église ne pouvait séparer ce que l'Évangile a uni.

Marie est infiniment au-dessous du Christ; le Christ est Dieu, Marie est une créature. Mais combien le Christ, fils dévoué, a aimé sa mère!

L'amour que le Sauveur portait à Marie s'est magnifiquement épanoui dans l'Église chrétienne. Le culte de Marie est un de ses plus beaux ornements ; il est un sublime tribut du culte dû à Jésus-Christ. Pour vénérer ainsi Marie, il faut avoir une foi profonde en la divinité de Jésus-Christ.

2. Nous vénérons Marie parce que nous vénérons toutes choses dans la mesure où Dieu les a honorées. Ce que Dieu aime et estime, nous aussi nous l'aimons et nous l'estimons. Et c'est parce que Dieu lui-même l'a élevée aussi haut, que Marie occupe dans l'Église une si haute place.

Nous vénérons Marie parce qu'elle est pour nous le modèle de toutes les vertus qui nous conduisent à Dieu. Elle nous enseigne l'humilité, la crainte de Dieu, la confiance en Dieu, la haute estime de la pureté du cœur, en particulier la foi qui sanctifie.

On lit de Marie : « Bienheureuse, vous qui avez cru ! » (Luc, 1, 43.) Elle voit dans ses bras un faible enfant qui pleure, et elle croit qu'il est Celui auquel obéissent les anges du ciel; elle voit un enfant pauvre, mais elle reconnaît en lui, par les yeux de la foi, Celui à qui l'univers entier appartient.

Elle voit son Fils dans les circonstances les plus ordinaires de la vie, dans le travail et dans les misères. Elle le voit persécuté et bafoué par les hommes d'argent, par les mondains et par les puissants de la terre, mais elle croit fermement en lui.

Elle voit le Christ comparé aux criminels, sous prétexte d'appliquer les lois civiles existantes. En présence de la populace, elle le voit suspendu au gibet de la croix. Mais avec une foi inébranlable elle reste là pour adorer dans Celui qui meurt son Dieu immortel.

Il n'est pas besoin d'être catholique pour comprendre l'utilité du culte de Marie, même au point de vue de l'idéal de la femme chrétienne. « Dans la Madone et son enfant, dans la mère accablée de douleurs, on glorifie et on célèbre l'amour maternel chrétien dans son suprême bonheur et dans sa suprême souffrance. Par le culte rendu à Marie, l'Eglise veut amener les hommes au sentiment du respect de la femme chrétienne; elle veut les bien convaincre que la femme n'est pas une esclave, mais une noble amie de l'homme. Elle veut en outre élever et encourager les femmes dans leurs joies et dans leurs peines. »

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3. Nous honorons aussi Marie en implorant son intercession maternelle. Et si nous agissons ainsi, c'est parce que nous avons confiance en Dieu.

Dans toutes les sphères de l'être, Dieu se sert de l'intermédiaire de la créature. Il en est ainsi dans l'ordre de la nature, ainsi dans la société humaine, ainsi dans l'ordre de la grâce.

il n'y a qu'un seul médiateur dans le sens complet du mot, un seul dispensateur proprement dit des grâces : c'est Jésus-Christ notre Sauveur. Mais il est encore d'autres intermédiaires voulus par Dieu. L'intercession est l'un de ces moyens.

Les hommes peuvent prier les uns pour les autres. Les parents peuvent prier pour leurs enfants, les enfants pour leurs parents, les sujets pour les princes, les amis pour leur ami et pour leur ennemi. La puissance d'intercession est souvent attestée dans les saintes Ecritures (par ex., Rom., XV, 30; I Thess., v, 25).

Celui qui a confiance en Dieu a aussi confiance en tous les moyens que Dieu a disposés pour nous venir en aide. Or, c'est un instinct de notre cœur de nous intéresser au sort des autres; dès lors, il est dans la nature humaine, qu'ayant besoin de secours, nous nous adressions à ceux qui sont en état de nous venir en aide.

Quiconque réfléchit à la place que Marie occupe dans la grande œuvre du salut comprend que le Christ, à la prière d? sa sainte Mère, est prêt à accorder des bienfaits.

Quant à douter que les habitants de l'autre monde sachent quelque chose de nous, il suffit, pour se rassurer, d'interroger les saints Livres (Tob., xii, 12; Zach., i, 12; 2 Macch., XV, 12-15; Luc, xiii, 12; Apoc, v, 8).

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