PLACE DU CHRIST DANS L'HISTOIRE
I. Dans son amour infini, le Ciirist, Homme-Dieu, est venu sur la terre pour remédier à la grande misère de l'humanité ; en ce qui le concerne, il a accompli son œuvre.
Le Christ a relevé l'homme, en le rendant de nouveau dépendant de Dieu, et en lui montrant, par sa doctrine et son exemple, dans la soumission à Dieu, la source de toute grandeur, de toute force et de toute dignité.
11 a donné à la vie d'ici-bas toute sa signification, en nous rendant la possibilité d'en faire le prélude de la vie heureuse de l'autre monde.
11 a anobli l'humanité en s'abaissant lui-même, en faisant son frère de l'homme le plus pauvre et le plus abandonné, en pressant sur son cœur compatissant cet homme devenu enfant du Père céleste, en lui conférant le droit d'hériter de la félicité divine et de jouir sans fin du bonheur du ciel.
La lumière que le Christ nous a révélée et dont il est le foyer sacré a, comme un soleil, versé ses rayons sur des cœurs sans nombre, dans toutes les conditions de la vie; et ces rayons ont fait germer partout l'ordre, la vertu, le bonheur.
2. Le christianisme demeure le fondement d'une civilisation digne de l'homme ; il est la plus grande puissance de l'histoire.
11 s'est révélé dans l'histoire comme l'unique puissance capable tout ensemble de satisfaire par ses clartés les exigences de la raison, et de dompter par ses mystères l'arrogance de la raison ; d'ouvrir aux recherches et à la science de l'esprit humain le champ le plus vaste, et de s'opposer, par l'exercice de la foi, à la présomption et à l'orgueil humain; de porter le regard de l'esprit vers la vie éternelle, tout en laissant aux intérêts passagers de ce monde leur importance et leur signification.
Le christianisme a prouvé dans l'histoire qu'il triomphe du monde, de toutes ses erreurs, de toutes ses joies et de toutes ses souffrances : il est demeuré vainqueur de toutes les puissances du monde qui l'ont attaqué. 11 a triomphé du judaïsme entêté, du paganisme, de l'assaut des barbares; il a triomphé au Moyen-Age, il a triomphé de nos jours. Et son triomphe a été d'autant plus éclatant que les humiliations avaient été plus profondes. Il a vaincu les attaques flinatiques de la fausse science. Il a vaincu tous les orages du temps; les trônes s'écroulaient, les royaumes et les nations périssaient, le christianisme restait debout. « Dieu a choisi les faibles selon le monde, pour confondre les puissants. » (i Cor., i, 27.) Ce qui faisait le caractère du christianisme à son origine fait encore aujourd'hui son caractère : mépris des choses terrestres, amour efficace du prochain, zèle apostolique, martyre, sainteté.
3. Gœthe lui-même est contraint de faire l'éloge de la religion chrétienne, « dont la pure et noble origine ne cesse de s'affirmer par ce seul fait qu'après les plus grands égarements dans lesquels l'homme est tombé, le christia-