PLACE DU CHRIST DANS L HISTOIRE
nisiiic se retrouve toujours le même, toujours avec son même caractère de grâce et de bonté, sous les formes les plus diverses, mais toujours pour soulager les besoins moraux de l'humanité. » (Notes au Dm?// occiâeutal-orieiital, 1815.)
« On a remarqué, dit Balmès, ces terribles éléments de dissolution dont la source est dans l'esprit de l'homme, et qui ont acquis une si grande force au milieu des sociétés modernes. On a vu avec quelle funeste puissance ils détruisent et pulvérisent toutes les écoles philosophiques, toutes les institutions sociales, politiques et religieuses, mais sans jamais réussir à ouvrir une brèche dans les doctrines du catholicisme. Ne tirera-t-on de tout cela aucune induction en faveur du catholicisme? Dire que l'Eglise a fait ce que n'ont jamais pu faire ni les écoles, ni les gouvernements, ni les sociétés, ni les religions, n'est-ce pas confesser qu'elle est plus sage que l'humanité entière ? Et cela ne prouve-t-il pas suffisamment qu'elle ne doit pas son origine à la pensée de l'homme, et qu'elle est descendue du sein même du Créateur.''
« Mille fois j'ai contemplé ce prodige avec étonnement; mille fois mes yeux se sont fixés sur cet arbre immense qui étend ses branches de l'Orient à l'Occident, du Midi au Septentrion. Je le vois couvrant de son ombre une multitude de peuples divers, et je trouve à ses pieds le front inquiet du génie se reposant tranquille.
« En Orient, aux premiers siècles de l'apparition de cette religion divine, je vois, au milieu de la dissolution de toutes les sectes, les plus illustres philosophes se presser pour entendre sa parole. En Grèce, en Asie, sur les bords du Nil, dans toutes ces contrées où fourmillaient naguère d'innombrables sectes, je vois paraître tout à coup une génération de grands hommes, abondants en érudition, en
savoir, en éloquence, et tous d'accord dans l'unité de la doctrine catholique. Dans l'Occident, une multitude de barbares se précipite sur l'empire tombant de caducité ; c'est une noire nuée qui monte sur un horizon chargé de calamités et de désastres. Alors, au milieu d'un peuple submergé dans la corruption des mœurs, et qui a perdu jusqu'au souvenir de sa grandeur ancienne, je vois les seuls hommes que l'on puisse appeler les dignes héritiers du nom romain, chercher dans la retraite des temples un asile pour l'austérité de leurs mœurs; c'est là qu'ils conservent, qu'ils accroissent, qu'ils enrichissent le dépôt de l'antique savoir.
« Mais mon admiration est à son comble lorsque je rencontre cet esprit sublime, digne héritier du génie de Platon, qui, après avoir demandé la vérité à toutes les écoles, à toutes les sectes, et parcouru, dans son indomptable audace, toutes les erreurs humaines, se sent subjugué par l'autorité de l'Eglise, et de libre-penseur'se transforme dans le grand évêque d'Hippone.
« Dans les temps modernes se déroule à mes yeux une nouvelle série de grands hommes, je vois cette race illustre se perpétuer à travers les calamités du XVIIle siècle ; enfin, dans le XIX^, je vois se lever de nouveaux athlètes qui, après avoir poursuivi l'erreur dans toutes les directions, vont suspendre leurs trophées aux portes de l'Eglise catholique. Quel est donc ce prodige? Où a-t-on jamais vu école, secte ou religion semblable ? Ces hommes étudient tout, disputent sur tout, répondent à tout, savent tout; mais, toujours d'accord dans l'unité de la doctrine, ils inclinent respectueusement leurs fronts en obéissance à la foi, ces fronts aux traits de lumière et de fierté. Ne vous semble-t-il pas voir un nouveau système planétaire, où des globes lumineux tournent dans de vastes
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orbites, au milieu de l'immensité, toujours attirés au centre par une attraction mystérieuse? Cette force centrale, qui ne leur permet aucune aberration, ne leur ôte rien de leur volume ni du grandiose de leur mouvement, mais les inonde de lumière, en donnant à leur marche une régularité majestueuse. »