‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 318 sur 344 · IMP0R"^ANCE DE L EGLISE VISIBLE · texte numérisé non relu

IMP0R"^ANCE DE L EGLISE VISIBLE

L'Église est, comme le Christ, une chose divine sous une forme humaine. La faiblesse humaine a pénétré dans la vie du Christ jusqu'aux limites du possible; elle pénètre de même dans la vie de l'Église sous toutes les formes. Le Christ fut persécuté et méprisé ; de même aujourd'hui encore son Église est méprisée et persécutée. Au point de vue des résultats obtenus, l'histoire de l'Église et l'histoire du Christ sont semblables. Comme le Christ a été victorieux, son Église est victorieuse. L'Apôtre résume ainsi son histoire : « Nous sommes persécutés, mais non pas abandonnés; nous sommes abattus, mais non pas entièrement perdus. » (2 Cor., iv, 9.) La vie du Christ a été une effusion ininterrompue d'amour et de bienfoits : la vie de l'Église l'est aussi.

Le Christ est donc là où est son Église. De même que le premier devoir de l'homme était d'écouter le Christ par obéissance à Dieu, le premier devoir du chrétien est d'écouter l'Église par obéissance au Christ. Le commandement divin d'appartenir intérieurement et extérieurement à cette Eglise s'adresse à tous les hommes. Pécher sur quelque autre point, c'est transgresser la volonté de Dieu sur ce point particulier ; se révolter contre l'Église, c'est renier Dieu et sa loi fondamentale, c'est se rendre coupable de haute trahison dans le royaume de Dieu, puisque c'est s'insurger contre la souveraineté du roi.

2. L'Église est universelle ; elle l'est dans son Fondateur, dans son but, dans sa nécessité, dans ses commandements, dans son œuvre, dans sa manifestation ; son Seigneur et Fondateur l'a voulue pour tous, tous ont besoin d'elle et elle suffit à tous. Nul ne peut dire : « Je ne vous comprends pas », ou « Je comprends mieux que vous ». Elle est comme le Pater noster : l'enfant qui

bégaie le comprend, et le penseur le plus savant n'en a pas encore scruté toutes les profondeurs.

L'Eglise a vu venir à elle l'Hébreu et le Grec, le Romain et le Germain, le Nègre et le Japonais, le Peau-Rouge et le Malais de l'océan Pacifique, les grands et les petits, les savants et les ignorants, les hommes de tout état et de toute condition.

3. L'Eglise est sainte. De tout temps elle a eu des saints, et en grand nombre. Si l'on s'écarte de l'esprit de la sainteté, c'est parce qu'on s'écarte de l'esprit de l'Eglise catholique. Sans doute, cet esprit de sainteté s'est, au cours des âges, obscurci chez quelques-uns de ceux qui étaient revêtus de la puissance apostolique. Mais, en général, ces représentants de l'autorité spirituelle se sont signalés de tout temps par la largeur de l'esprit et du cœur; ils ne bornaient pas leur horizon à un pays; leur pensée s'étendait au monde entier, et le monde entier était pour eux. Ils se sont signalés par un courage persévérant dans toutes les difficultés et toutes les luttes civilisatrices, parce qu'ils se savaient assistés par Dieu. Ils se sont signalés contre les plus puissants souverains de ce monde, parce qu'ils avaient conscience de leur pouvoir et de leur dignité suprêmes. Sachant que toute leur puissance leur venait du Crucifié, ils avaient au cœur l'amour de la croix, ils étaient toujours prêts à donner leur sang et leur vie pour demeurer fidèles a. leur devoir.

L'Église catholique réussit admirablement à conduire les peuples dans la voie de la vertu. De tout temps et à tous les points de vue, l'esprit religieux qui anime l'Eglise a su, pour s'en emparer, pénétrer le cœur humain.

Les grâces les plus merveilleuses n'ont jamais manqué dans l'Église catholique. Même aux époques où, sous

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