‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 327 sur 344 · FAIBLESSES HUMAINES CHEZ LES CHRETIENS · texte numérisé non relu

FAIBLESSES HUMAINES CHEZ LES CHRETIENS

A un voyageur qui est en chemin on ne demande pas qu'il soit déjà au but.

L'Église catholique, ici-bas, n'est point une société d'esprits célestes ; c'est une société d'hommes, luttant dans la tempête et l'orage, qui réussissent à se maintenir au-dessus de l'abîme où les vagues agitées du temps menacent à toute heure de les précipiter.

Les saints eux-mêmes avaient des imperfections ; sous plus d'un rapport ils étaient impropres aux affaires de ce monde, mais en cela même ils trouvaient un stimulant à la sainteté. Ne vous attardez point à critiquer sur un point unique les grands caractères : l'obstacle qui les arrête dans leur marche leur devient un moyen de prendre leur élan vers le ciel.

2. Le christianisme se compose de fliiblesse humaine et de grâce divine. Plus d'un leste par sa propre faute en arrière de la grâce et demeure longtemps sans être ce qu'il devrait, conformément à la sainteté du christianisme. Le Dieu de miséricorde le permet dans un but plein de sagesse, et vous n'avez pas le droit de vous en scandaliser.

Voilà de quels matériaux Dieu se servira pour son œuvre. Il n'est pas bien difficile de construire une maison avec de la pierre dure et du bon mortier; il est difficile de le faire avec du sable.

Lorsqu'un vaisseau a le vent favorable, un équipage vigilant, un pilote habile, un gouvernail parfait et des agrès solides, il est facile de le diriger sur les vagues de l'océan. Mais lorsque le vent est contraire, lorsque le gouvernail se brise et que le vaisseau craque dans toutes ses jointures, lorsque l'équipage sans cesse oublie ses devoirs et que le navire, ballotté sur la vaste mer, réussit

à atteindre le but au travers de dangereux récifs, comment ne pas reconnaître là un phénomène extraordinaire ?

Que l'Eglise catholique, au milieu des tempêtes des siècles et malgré les faiblesses de quelques-uns de ses chefs et de ses membres, n'ait pas péri, c'est manifestement une preuve de son origine divine.

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