L'existence de l'état religieux dans l'Église est un
des plus grands bienfaits dont nous sommes redevables au Christ. La vie religieuse n'est point le partage de tous ; elle n'est point la vocation ordinaire des chrétiens : c'est un état extraordinaire, une vocation supérieure. La vie religieuse a pour fondement le renoncement libre, absolu; c'est le renoncement que le Christ a conseillé et que réalisent essentiellement les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance.
Certaines gens trouvent la vie du cloître laide : c'est qu'ils la jugent d'après leur goût personnel. Le chant ou la récitation de l'office divin ne leur dit rien. Qu'une taupe, dans son trou, entende le chant de l'alouette, elle dira : « Quelle absurdité de voler et de chanter ! »
L'état religieux est un bienfait particulier pour ceux qui en jouissent. Quelques-uns ont fait d'abord d'amères expériences, ils se sont égarés sur le chemin de la perdition ; ils ambitionnent une vie de pénitence, à l'abri des dangers, et on ne la trouve que dans le cloître.
D'autres aspirent à une vie plus parfaite ; ils considèrent leur Jésus pauvre, vierge, obéissant, qui volontairement a tout sacrifié par amour pour nous. Et, par amour pour Jésus, ils se sentent poussés à se sacrifier eux-mêmes aussi complètement que possible. Dans les sacrifices et les difficultés propres à l'état religieux, ils trouvent la satisfaction des nobles désirs de leur cœur, ils goûtent la joie réservée à ceux qui se jettent entièrement et sans regard en arrière dans les bras de Dieu.
Qu'il est beau, qu'il est doux, de voir des frères cheminer dans la vie, la main dans la main, et ne formant qu'un cœur, un esprit et une pensée !
4. Mais la vie du cloître est aussi un grand bienfait pour la chrétienté tout entière.