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LA VIE APRHS LA MORT

sépultures, — amas de pierres, tertres mortuaires des sauvages, mausolées des riches, champs des morts, cavernes sépulcrales, nécropoles et pyramides. A quoi bon tout cela, si l'humanité avait cru que l'homme n'était rien qu'un amas de matière qui se décompose dans la mort?

Et ce n'est pas seulement par des monuments et des fêtes funèbres que l'humanité exprime sa conviction de l'existence d'un au-delà : nous avons encore une foule d'autres témoignages. « La doctrine d'une vie future de récompenses et de châtiments, dit Bolingbroke (dans le tome V de ses Œuvres), se perd dans la nuit des temps ; elle précède tout ce que nous possédons de certain. Dès les commencements de l'histoire, nous trouvons cette conviction établie de la façon la plus certaine dans l'esprit des premiers peuples que nous connaissions. » 11 ne fait que répéter ce que Cicéron {TuscuL, I, 12) et bien d'autres avaient dit avant lui.

Et ainsi en a-t-il été de tout temps. Un courant profond et puissant, ininterrompu et irrésistible, traverse l'humanité : le désir impétueux de l'au-delà. Dès l'origine de l'histoire humaine, à travers tous les siècles, et tant que battra un cœur humain, a vécu et vivra la conscience la plus intime de la perfection de l'au-delà. Les millions et les millions d'individus de tout pays, de toute race, de toute langue, passent, dans une procession plusieurs fois millénaire, sur la surface de la terre, ayant tous, avec une certitude pleine d'espoir, les yeux fixés vers l'audelà, marchant à sa rencontre, le saluant avec cette unique conviction dans le cœur et ce seul cri sur les lèvres : Nous sommes pèlerins et étrangers sur terre, nous cherchons une patrie meilleure, un foyer céleste ! C'est là le témoignage de l'humanité en faveur de l'immortalité, c'est le témoignage de la nature humaine.

2. En effet, il s'agit ici d'une vérité qui non seulement est accessible à la saine raison de tout homme, mais qui de plus, par suite de la direction d'une impulsion inhérente à la nature raisonnable, est réellement connue par l'homme avec une certaine facilité. Cet instinct, qui depuis des milliers d'années, gouverne tous les hommes, à quelque degré de civilisation qu'ils appartiennent, qui étreint avec une puissance de fer tout l'univers, est on ne peut plus intimement lié à la nature raisonnable. Or il est impossible qu'un instinct naturel uni à la raison {sensus naturœ comnmnis) pousse l'homme à préconiser une erreur. La nature parle bien parfois avec obscurité, mais elle ne trompe pas. Ainsi donc, la conviction qu'ont tous les hommes de l'immortalité et de la vie future repose sur une vérité et une réalité.

Les matérialistes disent, il est vrai, que l'idée que l'on a d'une âme et d'un au-delà n'est qu'une illusion subjective, une douce représentation, un rêve agréable auquel ne correspond aucune réalité objective. On ne remarque pas ici que l'idée que l'on a d'un au-delà et d'une âme immortelle ne correspond certainement pas plus à l'adjectif « doux » et « agréable » qu'à l'adjectif « sérieux » et « effrayant ».

On a, avec raison, répondu aux subterfuges des matérialistes : Si la conviction de l'au-delà n'est qu'un rêve, comment peut-elle être universelle ? Comment l'idée subjective de tel ou tel homme pourrait-elle être le bien commun de l'humanité et une partie essentielle, impérieuse, de sa pensée et de son désir ? De fait, cette idée est le bien commun de toute l'humanité. Et de fait, elle ne possède pas le caractère d'une chimère creuse, mais celui d'une conviction ferme, liée essentiellement à un être réel, à une réalité objective et qui en soi est extrême-

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