LE DESIR DU CŒUR HUMAIN II
de terre qui lui a donné naissance, sans espérance de pouvoir jamais s'élever vraiment dans les hautes régions de la lumière ? Tout homme est infiniment supérieur au monde matériel que peuplent les astres. J'ai un œil capable de s'élever jusqu'à Dieu, l'Infini, et un cœur capable de reposer en Dieu ! L'infinie disproportion entre notre désir et la réalité terrestre serait, de la part de Dieu, une amère dérision si nous disparaissions dans le néant avec la mort !
7. L'aspiration du cœur humain à l'au-delà se manifeste aussi dans la force particulière avec laquelle il s'attache à ceux qui vivent à ses côtés. Quoi donc, il faudrait croire que ces nobles âmes ne sont autre chose que des créations animales, des amas d'atomes qui se désagrègent sans cesse dans la mort ! Ce fils vient de fermer les yeux de son père mourant ; cette mère a déposé son enfant dans son cercueil ! Et le cœur humain devrait se faire à la pensée que tout est fini pour toujours et qu'on ne se retrouve pas dans l'autre monde? Qui ne sent la monstruosité d'une telle supposition? Rousseau lui-même dit : « Aucune subtilité d'une fausse science ne me permettra de douter même un instant de l'immortalité de l'âme ; je la sens, je la désire ; je la défendrai jusqu'à mon dernier souffle. Le fils retrouvera son père bien-aimé, et la mère retrouvera le fils qu'elle a chéri. »