L IDÉE DE L AU-DELA I
3. Il est également hors de doute que les âmes se reconnaîtront les unes les autres, s'intéresseront les unes aux autres, et verront en Dieu les événements de cette terre. — Les monuments de la révélation nous l'afFirment. Mais comment cela se fera-t-il ? On ne nous le dit pas.
En général — répétons-le — nous ne pouvons pour les détails nous faire de l'état de l'autre monde aucune représentation qui corresponde à la réalité. Pratiquement nous ne pouvons nous figurer la vérité existante que par des tableaux de notre imagination. Les peintures saisissantes des saintes Écritures nous sont pour cela d'un grand secours. Que doit donc être la réalité, si déjà l'image en est si puissante !
Nous savons une chose : dans l'autre monde, l'âme est soumise aux influences d'une perfection divine, d'une façon correspondante à ce qu'elle était vis-à-vis de Dieu ici-bas. Le Dieu qui, avec une providence si pleine de miséricorde, a veillé à ce qu'ici-bas les conditions vitales fussent pour l'homme en rapport avec la nature humaine, prendra également soin dans l'autre monde que l'âme possède très abondamment tout ce que son existence exigera alors.
Notre ignorance de l'état de l'au-delà peut du reste avoir aussi son utilité pour nous. Si nous connaissions l'autre monde tel qu'il est exactement, accablés par cette connaissance nous serions peut-être gênés pour mettre à profit la vie présente. Un enfant n'a pas besoin de savoir tout ce qu'un homme mûr doit savoir. Pour qu'il vive comme il convient à son âge, il doit savoir ce qui est utile à l'enfant ; il lui suffit de sentir à sa façon que l'enfance est une préparation à un avenir d'une véritable importance.
11 serait donc inutile et insensé de s'inquiéter de choses
148 r^ SEMAINE. — 1. — l'amour DE LA VÉRITÉ
que, d'après la sage disposition de la providence divine, nul ne peut connaître ici-bas.
Tout doute relatif à la certitude de la vie future est sujet à caution dans son origine, car il provient d'une passion ; il est absurde dans sa cause, car il vient d'un défaut de réflexion : il est funeste dans ses conséquences, parce qu'il enlève aux hommes leur consolation et la base la plus solide de leur vie morale.