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LA RELIGION, PRINCIPE DE LA FIDELITE A LA VOCATION

I . De même que l'organisme possède différents organes, ainsi la société humaine suppose diverses espèces de vocations, élevées ou communes, difficiles ou agréables, dont chacune est nécessaire à l'existence de l'ensemble. Il importe donc que les hommes aient une raison de remplir leurs devoirs d'état par une fidélité volontaire et efficace à leur vocation.

Des ambitions terrestres ne sauraient, pour tous les cas, fournir une raison suffisante de cette fidélité. Trop souvent le résultat n'est pas ce qu'il devrait être d'après les règles de la justice. Certaines vocations sont trop misérables, trop pauvres de joies, trop pleines de difficultés, pour que l'on puisse y trouver une compensation aux efforts énergiques qu'elles réclament pendant des années, souvent jusqu'au tombeau. Combien misérables, nuls, insignifiants, sont les intérêts d'un grand nombre de professions, quand on les considère en eux-mêmes !

Et qu'est-ce donc tout ce brouhaha des diverses professions qu'on exerce sur la terre, si on les examine au point de vue humain? Un ramassis de pauvres diables couverts de haillons ou de colifichets. En règle générale, la vocation

lyo r^ SEMAINE. — I. — l'amour de la vérité

des hommes consiste à s'enivrer d'espérance folle et à danser jusque dans les bras de la mort.

A en juger par les dehors, le but de la vie est surtout d'acquérir quelque chose, et, ce bien une fois acquis, de l'empêcher de devenir un fardeau. Pour la plupart des hommes, la vie, considérée au point de vue terrestre, est mesquine et insipide, agitée et accablante, obscure et peu sûre, féconde en écueils et en difficultés de toute sorte. Et en tout cela l'homme isolé se sent si faible et si abandonné, embarrassé dans tant de difficultés, frappé par tant de coups du sort, tourmenté par tant de besoins !

2. D'où peut venir le secours, sinon de Celui qui a créé la nature humaine et qui, par conséquent, a voulu les diverses vocations appropriées à la nature humaine?

Que l'homme songe à Dieu, qu'il se confie à Dieu, qu'il se soumette à Dieu, qu'il accepte ses devoirs d'état, parce que Dieu le veut et comme Dieu le veut ; qu'il considère sa vocation comme découlant vraiment de Dieu, en un mot, qu'il ait de la religion.

Et bientôt il s'apercevra que l'écorce amère de la vie renferme cependant un noyau précieux et savoureux ; il aura pour sa consolation la perspective que la vie, par delà les vagues du temps, aussi vite dissipées que formées, a un rivage ferme et permanent.

C'est à la condition de rapporter à Dieu tous les événements de sa vie réelle que l'homme peut s'expliquer l'énigme des choses d'ici-bas. Alors tout est éclairé, illuminé et sanctifié par cette fin suprême de la vie.

11 voit, dans les choses de la terre, la volonté de Dieu : l'écorce tombera bientôt, le noyau demeure et dans les profondeurs de la terre il germe pour l'éternité : là, à la

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