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LA RELIGION FONDEMENT DE LA MORALE I

raison humaine est la suprême législatrice. La volonté humaine devrait donc, uniquement à cause de la raison, par pur respect pour la raison, obéir à la loi que lui manifeste la raison. Les défenseurs de ces opinions ne remarquent pas qu'au point de vue de la moralité, ce qui est bon ou mauvais ne nous est point simplement manifesté, mais que cette manifestation revêt la forme d'un précepte, d'une loi sacrée et absolue. Le pouvoir de la conscience n'est donc pas autonome (dépendant de moi) ; il est hétéronome.

Ce pouvoir, d'où découlent la loi et l'obligation morale, se révèle comme supérieur à nous, comme une autorité absolue, sacrée ; comme un pouvoir dont nous dépendons, devant lequel nous sommes responsables de nos faits et gestes. N'en pas tenir compte, c'est dérober à la loi morale sa force, sa dignité, son importance. Il est donc démontré que nos rapports avec Dieu sont l'unique raison, l'unique fondement de la morale.

Kant lui-même a reconnu la nécessité d'unir la morale à la religion. Il dit que la religion est une fiction de l'âme qui nous représente nos devoirs moraux comme des commandements divins. Misérable excuse ! A quoi nous servent des fictions, si nos devoirs ne reposent pas, en réalité, sur des commandements divins?

L'expérience quotidienne atteste que la morale pratique ne peut efficacement exister si elle n'est basée sur la crainte de Dieu ; si elle repose sur quelque chose de purement humain, elle est affaiblie et instable, elle change avec les sentiments, les désirs et les aspirations de chaque individu.

Un philosophe allemand fait cet aveu : « J'ai été jeune et je suis vieux, et j'affirme que je n'ai jamais rencontré une morale solide, efficace, que dans ceux qui craignaient

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Dieu, non pas à la façon moderne, mais à la naïve façon du bon jvieux temps; chez eux|seulement j'ai trouvé la joie de vivre, une sérénité de cœur à l'abri de tout et le calme en face de la mort. »

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