MIRACLE ET LOI DE LA NATURE
L'homme peut se soumettre humblement, mais aussi résister orgueilleusement. Il faut beaucoup plus de force d'esprit pour reconnaître, sur de bonnes preuves, la réalité d'un miracle que pour nier avec indifférence et négligemment tout ce qui nous révèle l'existence d'un sage ordonnateur du monde.
Les miracles par leur nature sont rares, ce sont des exceptions, des empiétements sur les lois naturelles : ils ne peuvent donc être une règle. Dieu, en raison de sa sagesse, n'opère des miracles que pour des motifs extraordinaires, et, par leur nature même, de tels motifs sont rares. Lorsqu'une plante vient d'être mise en terre, elle a particulièrement besoin d'être arrosée : une fois qu'elle a pris racine, les soins ordinaires suffisent. Les miracles étaient nécessaires lors de l'établissement du christianisme ; actuellement la Providence ordinaire suffit partout et toujours.
Les miracles sont réels. C'est ce que prouvent avant tout les miracles racontés par les Evangiles : la résurrection du Christ y occupe le premier rang. On a prétendu que ces récits n'avaient été que postérieurement ajoutés à l'histoire évangélique. Cela est inadmissible. Les miracles forment tellement la substance des Evangiles, que dès qu'on les supprime, l'ensemble du récit n'a plus de sens ni de liaison. Sans les miracles, les autres faits évangéliques n'ont plus de consistance. Celui donc qui nie les miracles doit nier tout l'Evangile, il doit nier tout le christianisme. Aussi vrai que le christianisme existe, aussi véritablement il y a eu des miracles, qui sont la base essentielle du christianisme.
Se scandaliser des miracles est donc une insigne folie.