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LES MIRACLES DE L EVANGILE I

2. Parmi les miracles de l'Evangile, le plus éclatant est celui de la résurrection du Christ. Toutes les critiques, toutes les attaques, toutes les hypothèses imaginées pour le combattre n'ont servi qu'à le mettre plus en lumière. Le Christ avait prédit le miracle de la résurrection (Matth., XII, 39; Jean, x, 18). Et des témoignages irrécusables attestent que Jésus-Christ est réellement mort, qu'il est véritablement ressuscité.

Aussitôt les apôtres ont fait de la résurrection le fondement de tout le christianisme. « Dieu doit juger le monde par un homme à qui il a rendu devant tous un témoignage certain, en le ressuscitant d'entre les morts. »(Act., xvii, 31.) Les apôtres rendent énergiquement témoignage de la résurrection de Jésus-Christ (Act., IV, 33 ; I, 22). Saint Paul écrit aux Romains : « Car si vous confessez de bouche que Jésus est le Seigneur, et si vous croyez de cœur que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, vous serez sauvé. » (Rom., x, 9.)

Ce miracle est donc la base sur laquelle repose tout le christianisme, qui est lui-même le plus grand ûiit de l'histoire du monde : le christianisme et son efficacité divine tiennent de lui toute leur force. Le christianisme n'est pas un mythe. Il s'offre à nous comme une réalité. Son soutien, son fondement, sa racine, sont donc réels. Aussi vrai que le christianisme existe, aussi vrai la résurrection du Christ a eu lieu.

3. Un seul miracle de l'Evangile une fois prouvé, la mission divine du Christ est prouvée. La divinité du Christ est également démontrée, puisque cet envoyé de Dieu s'est donné comme Dieu.

Chacun des miracles de l'Evangile a résisté à la critique la plus sévère de tous les siècles. La certitude devient

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encore plus forte pour l'intelligence, lorsqu'on examine les miracles du Christ dans les circonstances où ils se sont produits : dans leur mutuelle dépendance, dans leur variété. Tout doute devient alors impossible.

Les miracles de l'Évangile sont donc tout d'abord une preuve de la divinité dii' Christ. Mais ce n'est pas tout. Ils sont de plus une preuve de la bonté divine et de l'amour que le Christ a montré pour les hommes. C'est par là qu'il gagna les cœurs à sa doctrine. Il fut bon (Jean, vu, 12) et toute sa vie fut un bienfait perpétuel. (Act., X, 38.)

De même que le père et la mère se mettent à la portée de leur enfant qui bégaye et qu'ils lui prodiguent les caresses et les témoignages de bienveillance qu'un cœur d'enfant peut comprendre, de même le Christ a daigné répondre à l'attente humaine : il a conversé avec les hommes, il leur a distribué des bienfaits, il a pourvu à leurs besoins de telle façon que les hommes ont pu comprendre la bonté de Dieu et l'amour qu'il leur porte,

Il y a en troisième lieu, dans les miracles de l'Évangile, un élément important d'instruction symbolique.

Les miracles qui se rapportent à la naissance et à l'enfance du Christ, montrent déjà l'importance extraordinaire attachée à la mission du Christ. De même que le vieillard Siméon est le type de l'attente d'Israël, de même nous devons voir dans les mages venus d'Orient le monde païen à qui Dieu a pris soin de faire connaître le Sauveur. Le miracle des noces de Cana nous rappelle comment, par suite de l'aimable condescendance que le Christ témoigne aux prières de Marie, notre pauvre vie humaine se transformera en la félicité du royaume du ciel, comment notre intelligence et notre nature si misérables seront changées en la vocation glorieuse d'enfants de Dieu. La

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guérison du possédé est une image de la guérison de l'humanité que le Christ a délivrée du joug du démon. La tempête symbolise notre existence terrestre si agitée ; les tempêtes s'apaisent, les vagues se calment pourvu que nous portions le Sauveur dans notre cœur. Le centurion de Capharnaùm nous montre que les païens de bonne volonté auront aussi part au royaume de Dieu, que les Juifs revendiquaient à tort pour eux seuls. La nourriture donnée aux cinq mille hommes dans le désert est le type de la nourriture spirituelle que le Christ a destinée à des foules sans nombre, dans ce monde affamé de vérité. La marche sur les eaux est une image saisissante de l'efficacité de la confiance en Dieu. La résurrection des morts nous rappelle que le Christ a arraché son aiguillon à la mort, en nous faisant enfants de Dieu.

De cette façon ou d'une façon analogue, les Pères ont vu dans les miracles du Christ le symbole des plus profondes vérités, et ils les ont ainsi expliqués dans leurs discours. Mais toujours aussi ils ont vu dans les miracles le sceau divin qui confirme la réalité du christianisme.

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