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QU'EST L'EGLISE POUR NOUS

I. Dans le Christ, Dieu s'est rapproché de nous d'une façon surnaturelle pour la consolation de notre cœur, en prenant une forme humaine : cette présence de Dieu sous la forme visible du Christ nous aurait-elle été retirée ensuite ?

Jésus-Christ a voulu, en tenant compte de la nature humaine, fonder un royaume surnaturel ; aurait-il fait de sa fondation une chose purement spirituelle, et non pas une chose visible et humaine?

Le Christ n'a pas emprunté sa puissance à la société fondée par lui, mais il a fondé cette société avec la puissance qu'il avait reçue de Dieu, son Père céleste. Il n'a pas laissé aux sociétés, encore moins à l'Etat, la charge de désigner des prédicateurs et des pasteurs pour les sociétés chrétiennes : « Comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie » (Jean, xx, 21) : aurait-il renoncé pour les temps postérieurs à cette organisation de l'Eglise, telle qu'il l'avait inaugurée? Le Christ aurait pu, il est vrai, maintenir dans l'unité de vérité et de doctrine les communautés chrétiennes et leurs membres par une influence extraordinaire et miraculeuse. L'économie présente des

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choses nous montre très clairement qu'il ne l'a pas voulu : hors de l'Eglise catholique, tout est division, jusque dans la vérité la plus fondamentale, qui est la foi en la divinité du Christ ! Les miracles sont des exceptions ; ils n'arrivent pas sans motif. Pour les cas ordinaires, Dieu se sert de moyens naturels.

En vue de la nature humaine, le Christ a fondé une Eglise, une société humaine se composant d'un gouvernement et de sujets. Il ne l'a pas fondée sur les Evangiles, car l'Eglise existait avant que les Evangiles n'aient été écrits. En fondant son Église, il a établi le roc (Matth., XVI, i8) qui lui donnerait la permanence et la rendrait inébranlable.

Pour toute société humaine le principe de solidité réside dans la puissance de l'autorité. Pas de société sans autorité. Pas d'Eglise du Christ sans l'autorité du Christ. Le Christ a transmis sa propre autorité aux hommes : « Toute puissance m'a été donnée... allez donc et instruisez tous les peuples. » (Matth., xxviii, 18 sq.) « Qui vous écoute, m'écoute. Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez. » (Jean, xx, 23.)

Indépendamment de la société, indépendamment de l'Etat, le Christ a, en vertu de sa propre autorité, établi le gouvernement de l'Eglise et donné aux chefs de l'Eglise plein pouvoir pour transmettre leur autorité à d'autres. Cette hiérarchie ecclésiastique doit durer jusqu'à la fin du monde. C'est pourquoi il lui promet son assistance : « Voici que je suis toujours avec vous jusqu'à la consommation dés siècles. » (Matth., xxviii, 20.)

L'histoire témoigne que les apôtres se sont acquittés de la mission qui leur avait été confiée. Bientôt, sous la direction du gouvernement établi par le Christ, l'Eglise se répandit dans tout le monde grec et romain, plus tard aussi

dans d'autres pays ; partout des communautés furent fondées et reçurent des chefs qui se présentaient non pas au nom de la communauté, mais au nom du Christ.

2. Des écrits parurent dans le sein de l'Eglise. Au premier abord, ces écrits étaient des écrits humains et d'actualité. Sous l'inspiration de Dieu, l'autorité doctrinale de l'Église définit que ces livres étaient des écritures saintes, comme étant la parole de Dieu. Elle enseigne que l'action exercée par Dieu sur les différents auteurs de ces écrits est telle, qu'en dehors et au-dessus de ces écrivains, Dieu doit être considéré comme le véritable auteur de ces écrits. Travail humain sous une direction divine ! Dieu, de qui dépendent toutes les facultés de l'homme, ne peut-il pas stimuler et guider un homme dans la composition d'un ouvrage, de telle sorte que non seulement l'homme, mais Dieu aussi nous parle comme auteur de cet ouvrage ? C'est, d'après la doctrine de l'Eglise, ce qui a eu lieu pour les saintes Ecritures. Dieu est l'auteur de l'Ecriture sans que l'action personnelle de l'homme en ait été diminuée.

Or, ces saintes Ecritures — les Evangiles et les autres livres — affirment très clairement et très solennellement que le Christ a établi une Eglise visible, avec des pasteurs et des docteurs visibles, avec des signes visibles des opérations de la grâce intérieure.

On prétend, il est vrai, que le Christ a donné l'Evangile à la société fondée par lui avec cette mission : « Tout ce que je vous ai enseigné, je l'ai enfermé dans ce livre ; faites-le imprimer et mettez-le entre toutes les mains ; s'il est ambigu, c'est afin que chacun puisse y trouver la façon de se conduire comme il lui plaira : peu importe comment on entendra cette manière de vivre. En fin de compte on ne

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saurait arriver à la vérité absolue ; ce qui est vrai c'est la doctrine qui répond aux besoins du temps. Désir, pressentiment, doux sentiment d'un quelque chose de vague, dépendance de l'univers : voilà ma religion. Et ce que je vous ai enseigné n'a pas plus de valeur que le reste. » Voilà le « christianisme » moderne ; pareille doctrine porte sa condamnation en elle-même, elle est jugée par les témoignages précis des Evangiles et des Actes des Apôtres.

La sainte Ecriture ne peut pas être une règle de foi unique et exclusive, car bien des points en sont obscurs et peu précis ; nulle part les auteurs des saints Livres n'indiquent qu'ils ont la prétention de présenter toute la doctrine du salut; le contraire est certain, la sainte Écriture n'était abordable qu'à peu de chrétiens. Nulle part elle n'affirme clairement et avec précision son origine divine ni son intégrité ; une lettre morte ne peut être une règle de foi exclusive.

Dans la pensée du Christ la Bible n'est point cette règle de. foi. Le Christ apporte une vérité parfaitement précise et il exige qu'on l'accepte; il ne Lécrit pas, il l'enseigne. Il n'a chargé personne de mettre sa doctrine par écrit. Si les apôtres avaient cru que la parole écrite devait être l'unique source et l'unique règle de foi, ils auraient considéré comme le premier devoir de leur charge d'écrire un livre d'enseignement clair et précis pour tous les hommes.

Ni au dedans ni au dehors de l'Eglise, la Bible n'a jamais été l'unique règle de foi. En dehors de l'Eglise, ce qui décide du sens de la Bible, c'est ou bien la libre interprétation d'un chacun, ou un gouvernement hiérarchique établi par des hommes, ou une prétendue illumination du Saint-Esprit qui a lieu selon le bon plaisir de chaque

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individu et qui, si elle existait, serait à chaque instant en contradiction avec elle-même.

3. Vous vous troublez parce que le passé n'apparaît pas à vos yeux aussi clair que le présent : prenez donc l'Église, telle qu'elle est aujourd'hui, comme point de départ de votre examen.

De fait, il existe présentement une Église universelle, elle respecte toute autorité publique légitime, mais elle est indépendante de l'État : elle s'appelle catholique parce qu'elle est pour tous les peuples; elle s'appelle romaine parce qu'elle a son centre visible, représentatif, à Rome. Ce présent est édifié sur le passé.

Cette Église remonte au Christ par un enchaînement ininterrompu. Tous les dogmes, toutes les pratiques de piété qui sont maintenant le trésor de l'Église, n'existaient pas, à l'origine, dans leur développement complet. Mais tout était à l'état de germe et devait un jour croître et se développer.

Il y a eu progrès, d'accord : mais non pas une rupture violente avec le passé. Les besoins des temps et les erreurs du moment ont servi à développer, dans le dogme et dans la vie du culte, ce qui existait déjà dans la vie de l'Église. Mais jamais la période suivante n'est en opposition avec la précédente.

Il y a eu, il est vrai, au cours des temps, des défections légères ou considérables, et, dans chaque siècle, l'historien nous montre les cicatrices faites au grand arbre de vie, qui nous rappellent comment tels ou tels rameaux aujourd'hui mourants se sont détachés. Mais l'Église n'a jamais pu se contredire elle-même; car l'assistance divine lui a été promise : « Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles. » On ne peut, sans

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blasphème, douter de l'accomplissement de cette parole.

L'organisme de l'Eglise est solidement coordonné, il se compose d'une âme et d'un corps, d'une tète et de membres : « Le Christ est la tète, de qui tout le corps (dont les parties sont jointes et unies ensemble avec une si juste proportion) reçoit l'accroissement par une influence proportionnée à chacun des membres, afin qu'il se forme, qu'il s'édifie par la charité. » (Ephes., iv, 15, sq.)

Le Pape, représentant visible du Christ, les évêques unis au Pape, les prêtres envoyés par les évêques, la réunion des fidèles et de leur pasteur, voilà l'organisation extérieure de l'Eglise.

Demandez au prêtre catholique : Qui vous a donné le droit de me diriger et de m 'instruire dans mes affaires de conscience et de me pardonner mes péchés ? Le prêtre vous indique son évêque. Demandez à l'évêque : Qui vous a donné le droit? L'évêque en appelle au Pape. Demandez au Pape. Il vous dit : Je possède le même pouvoir qu'a eu mon prédécesseur. Et, en remontant jusqu'à Pierre, chaque Pape a reçu son pouvoir de son prédécesseur. Demandez à Pierre : Qui vous adonné ce pouvoir? Il nomme le Christ. Demandez au Christ, il vous répond : « Tout pouvoir au ciel et sur la terre m'a été donné par mon Père céleste. »

Celui donc qui s'en remet à l'Eglise s'en remet au Christ; celui qui s'en remet au Christ s'en remet à Dieu.

Otez du monde l'Eglise catholique, que reste-t-il du christianisme? Un chaos de contradictions et de disputes, si énorme qu'on le suppose, ne comblerait jamais cette lacune.

C'est en vain qu'aujourd'hui nombre de personnes, et parmi elles de véritables honnêtes gens, qui ne connaissent pas l'Eglise romaine catholique, s'efforcent d'or-

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ganiser en dehors d'elle une Eglise nouvelle, libre, indépendante de l'Etat, avec une hiérarchie spéciale.

Mais une hiérarchie chrétienne et possédant l'autorité est impossible, à moins qu'elle ne procède du Christ. Ce qui aujourd'hui est impossible l'était aussi dans les temps antérieurs. Des hommes n'auraient pas pu fonder l'Eglise catholique qui existe actuellement. Qui donc aurait supporté pareille innovation d'une hiérarchie ecclésiastique ? Tout au moins cet établissement aurait soulevé à sa naissance une violente contradiction dont l'histoire témoignerait. L'Eglise romaine catholique est donc fondée par Dieu.

4. On soulève une multitude d'objections contre cette vérité.

On dit : L'Eglise des temps apostoliques représente un état inférieur qu'il faut abandonner pour suivre le progrès. — Réponse : Ce progrès existe dans l'Eglise, mais progresser n'est pas détruire : la révélation divine atteint dans le Christ sa perfection, sa consommation définitive. L'Eglise a reçu alors la mission de tout enseigner aux peuples, et cela jusqu'à la fin du monde. L'autorité de la révélation divine s'étend à tous les dogmes du christianisme.

On dit : Comment estimer une Eglise où il y a tant d'abus ? — Réponse : Un enfant ne méprise pas sa mère à cause des rides de son front : où trouver, parmi les hommes, quelque bien qui ne soit entaché d'abus? Faut-il donc pour cela rejeter le bien lui-même ? N'y a-t-il pas aussi des abus dans l'Etat? Voulez-vous pour cela cesser d'être citoyen ? Est-il une chose dont les hommes aient plus abusé que de la puissance paternelle et des pouvoirs publics? Abolirez-vous pour cela un tel pouvoir? Consi-

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dérez votre propre vie, dont vous êtes si fier : est-elle sans tache? Ce n'est pas le bien nécessairement exposé aux abus, mais l'homme qui abuse du bien qui est responsable des abus. Nulle puissance ne lutte plus énergiquement contre les abus que l'Eglise romaine catholique.

On dit : Comment puis-jc avoir confiance dans une Église ennemie de la science ? — Réponse : Nulle puissance au monde n'a tant fait pour la science que l'Eglise romaine catholique. C'est la tactique misérable des ennemis de l'Eglise de représenter cette Eglise comme un oiseau de nuit, une amie des ténèbres.

On dit : Comment l'Eglise catholique peut-elle être l'Eglise du Christ, puisqu'elle est si intolérante pour les dissidents? — Réponse :

a) Pour les affirmations qui s'écartent de la doctrine de l'Eglise, elle est aussi intolérante que la vérité et la science. Seuls l'erreur et le mensonge peuvent être tolérants. C'est ce qui explique la pratique de l'Eglise à l'égard des mariages mixtes. L'erreur religieuse n'est pas toujours un péché, mais elle est toujours une maladie dont le père et la mère sont obligés, sous peine de péché, de se préserver eux et leurs enfants ; tel est le commandement divin.

C'est l'intolérance de l'Eglise relativement au dogme qui a sauvé le monde du chaos.

b) Dans l'Etat, et en présence de concitoyens dissidents, l'Eglise veut et exige la reconnaissance pleine et respectueuse des droits acquis.

c) A l'égard des individus égarés, elle prêche non seulement la « tolérance », mais l'amour et même l'estime, parce qu'il peut y avoir, et il y a en effet, dans la foule, des égarés non coupables.

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On dit : Mais comment cette Eglise peut-elle être la vraie, puisqu'elle fait de son Pape un grand lama infaillible? Réponse : Que d'autres soient prêts à se faire une idole de tel prince de la science, de tel ou tel ploutocrate ou potentat, c'est possible! Mais voici ce qu'enseigne l'Église catholique : Dans les questions qui concernent votre salut et la sanctification de votre âme, vous ne devez vous en rapporter à aucun homme et à aucune institution humaine, mais à Dieu seul. Dieu a promis son assistance infaillible au magistère ecclésiastique. Or, le représentant du magistère ecclésiastique est le Pape de Rome : il s'ensuit que lorsque le Pape de Rome instruit l'Église en vertu de sa charge, il est préservé de l'erreur par l'assistance divine.

Quels sont donc les devoirs des hommes vis-à-vis de l'Église catholique romaine ? Tous sont strictement tenus d'entrer dans cette Église. En effet, s'il en était autrement, pourquoi le Christ l'aurait-il établie? De là les efforts des apôtres pour amener tous les peuples à cette Eglise. De là, ce nom, « corps du Christ », donné à l'Église, et là seulement habite et opère son esprit. (Ephes. iv, 12.) De là l'avertissement constant d'éviter toute scission et toute séparation. (1 Cor., l, 10; xi, 19.) Si la religion chrétienne est pour tous les hommes et pour tous les peuples, l'Église est la seule qui puisse sanctifier, puisqu'elle est la seule en possession de cette religion. Celui qui, le sachant et le voulant, reste en dehors de l'Église, court à l'abîme. (Math., xviii., 17; Marc, xvi, 16; Jean, m, 5.18; VI, 54; Actes, II, ^8.41: IV, 12; I, Cor., v, 5; I Tim., I, 20; Tit., m, 11:2 Pierre, 11, i.)

Dire que l'Église est la seule qui sanctifie, c'est établir que l'Église romaine catholique est la voie ordinaire du salut; il y a toutefois des voies extraordinaires pour ceux

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qui cherchent la volonté de Dieu avec toute leur intelligence et tout leur vouloir.

Celui qui est dans l'Eglise doit, pour arriver au bonheur, vivre avec l'Eglise, c'est-à-dire recourir aux moyens de la grâce (sacrements), suivre l'enseignement de l'Eglise, se soumettre à l'autorité pastorale de l'Eglise, participer au culte de l'Eglise. Vous êtes lié à Dieu par votre conscience. En vertu de cette union, vous paraîtrez un jour devant le tribunal de Dieu. Rien ne doit vous paraître trop fort ou trop onéreux de ce qui sert à assurer cette union fondamentale avec Dieu.

Celui donc qui se sépare volontairement et sciemment de la doctrine de l'Eglise se sépare de la doctrine de Dieu. Celui qui s'écarte de propos délibéré et à dessein de la vie de l'Eglise tombe dans la mort de l'âme. « Celui qui vous écoute m'écoute, et celui qui vous méprise me méprise. » (Luc, X. 16.) «Celui qui ne croira point sera condamné. » (Marc, XVI, 16.)

Mais, dit-on, que pensera-t-on de moi, si je m'attache à l'Eglise et si je mène une vie chrétienne? je m'en tiens à cette maxime : Fais le bien, et ne crains personne ! — Réponse : Tenez-vous en à cette maxime, et vous agirez bien vis-à-vis de Dieu, votre Seigneur, à qui vous devez une vie chrétienne, et vous cesserez de vous éloigner de la vie chrétienne, par lâche respect humain. Vous ne triomphez pas assez de vous-même, pour vous assurer par une vie chrétienne la force divine qui vous permettra de mener une vie morale, et vous voulez, sans cette force, écarter de vous l'injustice et les fausses considérations humaines ! Prenez garde de vous séduire vous-même.

Mais, dit-on, je ne sens nul besoin des pratiques de l'Eglise. — Réponse : La religion n'est pas une question de besoin. Que diriez-vous d'un débiteur qui répondrait

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aux injonctions de son créancier : Je ne sens nul besoin de payer mes dettes? Vous êtes le débiteur de Dieu. La vie chrétienne est pour vous une obligation.

Mais, ajoute-t-on, à quoi bon les pratiques extérieures? — Réponse : 11 est dans la nature de l'homme de recourir aux signes extérieurs, non pas comme à la chose principale, mais comme à une expression naturelle des sentiments intérieurs. Du reste, vous accordez tant aux dehors ! C'est parce que vous êtes homme, que Dieu exige de vous non seulement le culte intérieur, mais aussi le culte extérieur.

Mais, dit-on, pourquoi l'Eglise s'interpose-t-elle entre Dieu et moi? Je m'arrange directement avec Dieu. — Réponse : C'est sur l'ordre divin que l'Église se met entre Dieu et vous, non pus comme un paravent, pour vous séparer de Dieu, mais comme une tendre mère, pour vous aider à vous élever vers Dieu. Dieu l'a voulu ainsi pour votre soutien et pour votre consolation. Voyez ce qu'il advient de vous lorsque vous méprisez les institutions établies par Dieu.

S. Pour comprendre l'importance de l'Église, jetons un regard en arrière. Dans l'homme, toutes les facultés de la connaissance sont ordonnées à la compréhension d'une réalité et d'une vérité dont l'homme dépend, et à laquelle il doit se soumettre. L'homme existe donc pour comprendre la vérité et pour se diriger d'après la réalité. Cacher à l'homme la lumière de la vérité sous prétexte d'une liberté plus grande, c'est le précipiter dans le malheur.

Quiconque a le courage de soumettre son orgueil et sa sensualité à l'amour de la vérité, arrivera sûrement à la connaissance de Dieu. Mes propres perfections et les per-

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