‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 79 sur 344 · OUEST L EGLISE POUR NOUS · texte numérisé non relu

OUEST L EGLISE POUR NOUS

fections des choses du monde me prouvent nécessairement qu'il y a un être infiniment parfait, dont tout dérive. L'imperfection des choses du monde et mes propres imperfections me prouvent nécessairement que le monde n'est pas cet être primordial. Dieu est donc opposé au monde; il est au-dessus du monde. Tout dépend de Dieu. Le but de mon existence est la soumission à Dieu, le culte de Dieu, l'accomplissement de la volonté de Dieu, ainsi que le réclament de moi ma conscience, les dix commandements de Dieu, mes devoirs d'état, etc. Celui qui accomplit la volonté de Dieu est digne de respect ; celui qui ne l'accomplit pas est un être inutile. Dieu m'a donné ma conscience, il veut aussi mon bonheur. Mon véritable bonheur sera donc lié à l'observation de ce que me dicte ma conscience.

Je sens la faiblesse de mon intelligence et de ma volonté. Si l'amour de la vérité et la soumission à Dieu ont pour moi plus d'importance que la satisfaction de mes passions personnelles, je soupirerai après des secours divins.

Alors Dieu lui-même vient dans cette vallée de larmes qui est la terre, il ne donne pas seulement au pauvre petit mendiant l'aumône qu'il demande : il le fait de plus enfant de Dieu et le comble des promesses les plus précieuses, et pour nous donner une idée de- l'infinité de l'amour divin, il meurt sur la croix dans la honte la plus grande, dans les tourments les plus affreux. La terre est toujours une vallée de larmes; mais j'y trouve maintenant le moyen de parvenir à la bienheureuse éternité.

En remontant au ciel, l'Homme-Dicu ne nous laissait pas orphelins. Le contact surnaturel avec Dieu ne devait pas nous être enlevé. Jésus-Christ a fondé son Église visible. 11 a voulu que tous ses adhérents formas-

sent une société unique; il a établi Pierre le chef et le maître suprême de tous les fidèles; de même, il a établi les autres apôtres chefs et maîtres, et il a voulu que Pierre aussi bien que le Collège apostolique se survivent perpétuellement dans leurs successeurs. L'Eglise est le corps mystique du Christ ; la vie de cette Eglise est l'œuvre du Saint-Esprit. C'est pourquoi il est écrit avec raison : « S'il n'écoute pas l'Église, qu'il vous soit comme un païen et un publicain. » (Matth., xviii, 17.)

Seule l'Église romaine catholique a l'inébranlable conscience d'une révélation surnaturelle, d'un secours extraordinaire de Dieu, apporté à la pauvre humanité dans sa misère.

Dans cette seule Église règne la foi vivante au grand acte d'amour par lequel Dieu se donne lui-même aux hommes, la foi vivante en la divinité de Jésus-Christ, au sens que nous enseignent la tradition chrétienne et les saintes Écritures.

Dans cette seule Église, règne la ferme conviction qu'il y a un Dieu vivant, personnel, qui a créé le ciel et la terre, qui a manifesté sa volonté à la conscience des hommes, et qui un jour leur demandera compte de leur vie. Si l'on veut avoir Dieu pour père, il faut avoir l'Église pour mère.

L'Église, il est vrai, se règle d'après le monde, comme le médecin se règle d'après le malade. Elle tient volontiers compte de tous les besoins, même de tous les caprices du monde. Mais jamais elle ne se laissera dicter par lui les principes d'après lesquels elle doit travailler à notre salut.

Seule, l'Église romaine catholique, infaillible, grâce à l'appui de Dieu, a la mission et le pouvoir de prêcher la vérité à l'humanité, et de la préserver ainsi très efficacement des séductions pernicieuses de l'idolâtrie personnelle.

qu'est l'kglise pour nous? 213

qui font des hommes des démons, et du monde un enfer. Parmi les infortunés qui, sans qu'il y ait de leur faute, se trouvent hors de l'Eglise, un grand nombre peuvent être préservés de la damnation éternelle par des grâces extraordinaires de Dieu, mais le principe n'en reste pas moins vrai d'une façon générale : Hors de l'Eglise, point de salut ! Revenons à la maison paternelle, sinon nous périrons dans les ténèbres. L'Eglise ne peut pas, il est vrai, faire de cette vie terrestre un paradis, un ciel ; mais elle peut lui donner le caractère qu'elle doit avoir dans les desseins de Dieu : d'être un pèlerinage vers le ciel.

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