‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 92 sur 344 · LA VALEUR DE LA VIE · texte numérisé non relu

LA VALEUR DE LA VIE

C'est ce qu'exige la vérité : car en réalité ces choses n'existent que pour vous tracer le chemin qui vous conduit au but. La vie est la voie qui mène h Dieu : gardez-vous, dans la poursuite des moyens qui mènent à la vie, de perdre la vie elle-même.

C'est ce qu'exige la noble nature de l'homme. Cette disposition de l'àme est sagesse, raison, liberté de l'esprit, ordre. Le contraire est désordre, déraison, servitude, attentat à ce qui est la propriété de Dieu, violation des droits divins.

C'est ce qu'exige enfin la prudence, jamais nous ne trouverons dans les créatures plus que leur créateur y a mis. Si nous y cherchons le repos et le contentement, nous nous dupons et nous nous nuisons à nous-mêmes.

2. Au point de vue terrestre, la vie humaine ne réalise pas les espérances qu'elle fait naître. Le jeune homme vogue sur l'océan à pleines voiles, le vieillard s'efforce d'entrer au poit sur une épave.

Un vieux poète allemand chante : « Voyez comme notre rire est mêlé de pleurs, comme notre joie est mélangée d'amertume ! voyez notre fleur, qui va se faner, lorsqu'elle croit être dans toute sa fraîcheur. »

C'est une marque de très grande sagesse que de pouvoir ici-bas se passer de richesses et de vains plaisirs.

Le repos n'est point d'ici-bas: quand nous voyons que nous allons enfin jouir, un ennemi surgit pour exercer notre énergie, un ami pour exercer notre patience.

3. 11 ne faut pas estimer outre mesure les choses de la terre : mais il faut les estimer: c'est pour vous l'échelle qui conduit au ciel.

Usez de ces choses ! Au calice de la même tleur les

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araignées puisent leur venin et les abeilles leur miel.

Seul, l'effort vers votre but suprême peut vous rendre la vie supportable. Vous devez avoir en vue le fruit de la vie; mais cependant l'écorce a son prix.

C'est en pensant à l'éternité, qu'on connaît le prix de la vie.

On a souvent, après Platon, comparé la vie à une prison. Sans doute, en tant que nous sommes en butte dans ce monde aux difficultés et aux abaissements, on peut comparer la vie à une prison. Mais, en elle-même et par ellemême, elle nous est donnée par notre Créateur pour notre véritable bien ; elle est la voie difficile, mais semée de bienûiits, qui nous conduit à notre patrie éternelle.

Toujours et partout, faites-vous des choses de la terre un moyen d'arriver au but éternel. Le travail est nécessaire pour remplir la tâche de votre existence. Mettez tous vos efforts à conformer votre vie au but que Dieu vous a assigné. Voulez-vous vous consacrer au bien et au beau qui feront de votre vie une existence bien remplie? Recueillez d'abord vos forces et ne reculez pas devant la difficulté du travail. L'enthousiasme, l'espérance, les vastes projets ne servent à rien. Non, il faut lutter avec les éléments et les contraindre à vous servir de moyens.

il n'est pas jusqu'à ces événements qu'on nomme le hasard dont vous ne deviez faire un moyen d'atteindre le but de votre vie. Le hasard est la pierre brute à laquelle la main du sculpteur donne la vie. La Providence donne le hasard, l'homme doit l'employer pour ses desseins.

Tenez-vous au-dessus des événements^ et tirez-en parti. Voulez-vous, mortel, traverser heureusement l'océan de cette vie dangereuse et aborder joyeusement au p^ort : lorsque les vents vous sont favorables^ ne vous laissez

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