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LA VALEUR DE LA VIE

1. Avoir la tête et le cœur h leur place est pour les hommes d'une importance décisive.

Souvent les philosophes anciens et modernes ont comparé la vie à un rêve. Sous plus d'un rapport la vie humaine ressemble à un rêve, mais elle n'est pas un rêve.

a) La vie ressemble au rêve. Le rêve est rempli d'apparences : la vie aussi. La vie ne présente que des enveloppes et des surfaces. Dans le cas le plus favorable, elle est le reflet de la vérité.

Le rêve est rempli d'illusions: la vie aussi. Le monde n'est, comme nos salles de théâtre, qu'un décor où l'illusion est tout, oij la réalité n'est rien ; au plein jour l'illusion s'évanouit.

Le rêve finit très certainement; il n'offre rien de durable ; il en est ainsi de la vie. Rien n'est durable que le changement, rien n'est constant que la mort. La vie est une lutte contre la mort : tous, nous succombons dans la lutte.

Le rêve est court, il s'évanouit rapidement. Une voix se fit entendre un jour au prophète Isaïe, et lui dit :

236 l'" SEMAINE. 1. l'amour DE LA VÉRITÉ

« Prêche ». 11 demanda : « Quoi donc?» La voix répondit : « Toute chair est comme l'herbe, et toute sa magnificence est comme les fleurs des champs. » (Is., xl, 6.)

Le charme du rêve est rompu tout à coup, on ne sait ni quand, ni comment; il en est ainsi de la vie.

b) Mais la vie n'est cependant pas un rêve; elle est une réalité: elle n'est vécue qu'une seule fois et a pour nous une signification de la plus grande portée.

11 importe de ne point nous laisser séduire par les apparences et de bien comprendre la réalité de la vie.

Tout dans ce monde veut nous attirer à lui ; les attraits de la sensualité sont tout-puissants. Combien facilement la lumière du jugement peut être obscurcie! Prenez toujours les choses pour ce qu'elles sont en réalité.

Les biens de la terre ont cette particularité qu'on en jouit moins lorsqu'on les possède, qu'on n'en souffre lorsqu'on en est privé.

Jugez d'un plaisir non point d'après ce qu'il paraît avant d'en avoir joui, mais d'après ce qu'il est après l'avoir goûté.

Aimer le beau, parce qu'il vous conduit au Créateur, c'est sagesse ; aimer le beau pour vous : ttacher à lui, c'est folie.

Accoutumez-vous à une façon de parler qui soit d'accord avec la justesse de votre jugement. Si d'ordinaire vous parlez en fou, vous arriverez bientôt à penser en fou.

Gardez votre tête de la folie, et surveillez la direction de votre volonté.

Estimez les choses de ce monde dans la mesure où elles vous sont un moyen et un secours pour arriver au but; détachez-en votre désir dans la mesure où elles vous détournent de votre véritable destinée.

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