‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 99 sur 344 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

I . L'homme est en proie à toutes sortes de soucis ; et lorsqu'il n'a pas de souci, il s'en crée. Entre tous les soucis, celui de la conscience et des devoirs de la conscience doit occuper le premier rang.

Votre vrai bonheur, enfants des hommes, ne croyez pas qu'il soit dans l'accomplissement de vos désirs; il est dans l'accomplissement de vos devoirs. Sans la conscience du devoir, notre vie reste vide.

La conscience est le jugement que porte la raison pratique sur la valeur morale de nos actions ; c'est l'application de la loi morale à nos œuvres, à nos paroles et à nos pensées; c'est un principe de la loi naturelle qui nous pousse à faire ce qui doit être, et qui nous écarte de ce qui ne doit pas être.

La conscience n'est pas le fruit de l'éducation, ou d'un développement politique, d'une coutume nationale, ou d'une législation. Dans beaucoup de ses applications particulières elle est exposée à subir ces diverses influences, elle est susceptible de modifications et d'égarements — c'est pourquoi on trouve chez les différents peuples et les différents hommes des jugements de conscience différents; — mais, dans ses applications et ses principes premiers elle est invariable et la même chez tous.

26o I"" SEiMAlNE. — 11. — LA CONSCIENCE

Chez tous les hommes se trouve le même penchajit à se former la notion du bien et du mal, de la vertu et du vice; puis à juger que la vertu est digne de louange, le vice digne d'aversion; enfin à reconnaître cette loi, qu'il faut faire le bien et éviter le mal. Tout homme adfnet, dans les traits principaux, un ordre moral qui est audessus du caprice humain et des vicissitudes du temps, indépendant de tout développement et que tout homme doit suivre.

11 s'ensuit que la conscience a son fondement dans la nature < t la raison humaines. Pour connaître les principes les plus élevés de la morale, il n'est besoin que du sens commun.

Mais la conscience tire sa raison dernière de Dieu. De même que Dieu nous a créés, de même il a gravé une loi dans notre être, pour sa gloire et pour notre bonheur.

Dieu ne commande jamais rien qui ne soit pour le bien de ceux auxquels il commande. Les commandements de Dieu sont autant de promesses de ses bienfaits. Dans le cœur de tous les hommes, Seigneur, est inscrite votre sainte loi, pour les diriger tous.

« Tout bien, dit Kant, qui n'est pas enté sur un sentiment moralement bon, n'est qu'une apparence et qu'un clinquant misérable. » Mais il aurait dû ajouter qu'il n'y a de sentiment moralement bon, que celui qui a ses racines dans l'obéissance à Dieu.

2. L'obéissance à Dieu ! Hélas ! nos philosophes modernes en sont venus à cet excès que. dans la démence de leur orgueil, ils déclarent immoral de foire le bien par obéissance à Dieu : on ne doit faire le bien que par estime pour soi-même.

Assurément, l'homme doit s'estimer pour ce qu'il est :

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