‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 100 sur 344 · LA CONSCIENCE 26 I · texte numérisé non relu

LA CONSCIENCE 26 I

la plus noble des créatures et le serviteur de Dieu : — mais non pour ce qu'il n'est pas : l'auteur de toutes choses et le législateur suprême.

Pour se passer de Dieu, des hommes insensés ont voulu faire dériver la conscience de l'égoïsme humain ; comme si la conscience ne nous prescrivait une chose que parce que cette chose nous est utile, et comme si elle ne nous la défendait que parce que cela nous est nuisible. Qui donc ne sent la différence qu'il y a entre le bien moral et ce qui est utile, entre le mal moral et ce qui est nuisible? Celui qui agit d'après sa conscience ne pense pas à son utilité : il pense uniquement à ce qui lui est défendu comme mal, ou à ce qui lui est permis ou imposé comme bien.

On a dit que l'intelligence humaine est la dernière et suprême législatrice, que c'est elle qui nous indique et nous fait connaître le mal et le bien. Mais la conscience ne montre et n'indique pas simplement ce que nous devons faire : elle nous le commande et nous le prescrit, elle nous l'ordonne avec une sainte et souveraine majesté, à tout prix. Dieu seul peut prescrire de cette façon. L'intelligence humaine peut bien dire à la volonté : Si vous voulez atteindre cette fin, vous devez employer ce moyen. Mais jamais l'intelligence ne peut d'elle-même commander à la volonté avec une nécessité absolue. Pour cela, il faut une puissance qui est au-dessus de nous, une puissance absolue, sainte, une puissance dont nous dépendons.

Nous sentons qu'en allant contre cette puissance, nous bouleversons l'ordre fondamental du monde entier, autant que nous le pouvons; que par là nous manquons à notre vocation et nous attirons un malheur éternel.

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