‹ La philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 92 sur 108 · DE LA PHYSIQUE MODERNE · texte numérisé non relu

DE LA PHYSIQUE MODERNE

Il en est de même des esprits animaux ou ritavx, que la science moderne a répudiés ; elle n'a répiidié que le mot. Quai.t à la chose, elle l'admet aussi bien que la science ancienne, car, dans tous ses traités de physiologie^ elle nous parle à chaque instant de petits corps légers, subtils, bien distincts des parties plus grossières du sang qu'ils chassent à la circonférence des veines et des artères, et qui sont doués de la faculté de porter la vie et le sentiment dans les diverses parties de l'animal. Sous le nom d^esprits animaux, les anciens n'entendaient pas autre chose; car c'était ainsi quHippocrate avait déûni la force d'impulsion, vim impellentem. Ainsi les esprits animaux., qu'on appelle une erreur des physiologistes anciens, ne sont tout bonnement qu'une séxWé difjére7nment nommée, et, sous des noms différents, toujours reconnue et admise parles modernes.

On verra, au Traité de Vàme, que la même chose est arrivée par rapport à la matière et à la fobme , qui, selon les scolastiques, seraient les éléments communs de tout composé naturel. Ceux des modernes qui n'ont pas eu le triste courage de tourner la matière et \a forme en ridicule, les ont reléguées parmi les qualités occultes des péripatéticiens , parmi les choses aussi incompréhensibles par les termes que vaines et fantastiques par le fond. Cependant la physique moderne n'en reconnaît, n'en admet pas moins', elle aussi, qu'il existe dans tout composé naturel, outre les éléments matériels, sensibles, qu'on y voit, des forces, A&s qualités insensibles, qu'on n'y voit pas, et qui, s'échappant par l'analyse des corps, ne peuvent plus être raltrapt^es par la synthèse; et de là l'impossibilité [)0ur la science de reconstituer arti- /iciellement un composé naturel qu'elle a détruit, un animal, une plante, un fruit, et de lui rendre toutes ses anciennes qualités, ses forces et sa vie. Eh! mon Dieu! ces deux parties, l'une \isible et palpable, l'autre impalpable et invisible, qui , selon les modernes aussi, constituent tout composé naturel, ne sont ni plus ni moins que la matière et \a forme des scolastiques. Seulement, comme on s'en convaincra à l'endroit susindiqué, ces mots sont plus précis, plus exacts, plus philosophiques, voire même plus élégants, que ceux par lesquels la science moderne indique les mêmes choses, ne pouvant pas les nier, puisqu'elles se trouvent dans la nature. Ce n'était donc pas la peine de faire tant de bruit contre les principes de la physique des scolastiques, puisqu'on n'a fait qu'y revenir par une voie différente de celle par laquelle on s'en était éloigné, et puisqu'on a été forcé dadmettre, sous des noms différents, les mêmes choses , et d'enseigner sous des ormules différentes les mêmes doctrines.

iSous n'entendons pas nier les immenses et merveilleux progrès que, dans ces derniers temps, ont faits les sciences naturelles. Tout en dé-

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