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INTRODUCTION

§ 58. Nécessité de poser certaines doctrines avant d'aborder la doctrine de l'Ame. — Étant tin être composé, l'Homme ne saurait être connu que par la connaissance du composé Naturel. — Physique de saint Thomas qu'on se propose de développer. — Importance souveraine de cette discussion. — De la vraie doctrine sur les corps, on verra sortir la vraie doctrine sur l'Ame. — On aborde les points les plus abstraits de la philosophie chrétienne ; cette étude ne sera pas sans dédommagement pour le lecteur.

JMous allons maintenant développer la grande Ihéorie de la philosophie chrétienne sur la nature de l'àme et son union avec le corps dans l'homme ; théorie la plus importante, la plus capitale de la philosophie, après celle des Idées.

« Dans toutes les sciences, fondées sur des principes, sur des « causes et sur des éléments particuliers, on ne peut rien com- « prendre, rien savoir, dit saint Thomas, si l'on ne commence a par bien connaître ces principes , ces causes et ces élé- « ments. »

LaPs\cHOLOGiE,ou la science de l'àme, est une de ces sciences: II. 1

2 § 58. l'ame. pbéliminaibes métaphysiques.

elle est fondée sur des principes, sur des causes, sur des éléments qui lui sont propres. Afin donc de procéder avec ordre sur ce grand sujet, et de le mettre dans son véritable jour, nous devons exposer d'abord la doctrine de la pbilosophie chrétienne sur les Causes, sur les Principes, sur la Puissance et sur l'Acte, qui sont en quelque sorte les éléments métaphysiques de lÉtre en général.

En outre, Vc/rc le plus grand, le plus mystérieux de la création, c'est l'HpMME; parce que c'est le seul être dans lequel l'esprit et la matière, deux substances, que l'infini sépare, sont substantiellement unies, do manière à former le plus merveilleux des composés de l'ordre physique. Mais le moyen de comprendre quoi que ce soit à cette œuvre de prédilection du Dieu créateur, sans connaître l'économie, les lois qu'il lui a plu de fixer pour tous les composés naturels.

D'après la philosophie chrétienne, cette économie et ces lois se résument dans la théorie de laMATiÈBE et de l'ACTE,delapi/î5sance et de la fobme substantielle, comme étant les vrais et premiers éléments de tous les corps, et par conséquent de tous les composés naturels, depuis le grain de sable jusqu'à l'honune.

C'est là la Physique de saint Thomas, qu'ont suivie toutes les écoles chrétiennes jusqu'à la fin du dix-septième siècle, et que, depuis cette époque, on a abandonnée pour s'attacher à des systèmes qui n'ont pas expliqué, mais qui au contraire ont obscurci toujours davantage les mystères de la nature.

Au risque donc de provoquer contre nous les plaisanteries de la science moderne, pour laquelle tout ce qui n'est pas d'hier, et la physique de saint Thomas avant tout, n'est qu'inepte et ridicule, nous donnerons, en second lieu, cette physique; nous la vengerons; et nous prouverons qu'en dehors de ses principes surannés, il est impossible d'expliquer les corps naturels en général et l'homme en particulier : en sorte que la longue et importante discussion que nous allons entamer sur la nature et la formation des corps n'a pour but et n'aura, nous l'espérons, pour résultat, que d'aider les esprits sérieux à mieux connaître la nature de l'àme humaine et son union avec le corps. Ainsi donc, après avoir, dans la section qui précède, considéré l'homme dans ses rapports avec les esprits et comine être intellectuel,

nous allons, dans celle-ci, le considérer dans ses rapports avec les corps et comme être physique.

On nous trouvera peut-être trop diffus dans notre exposition de la doctrine scolastique sur les corps; mais si l'on nous fait la grâce de ne nous juger qu'après nous avoir lu jusqu'au bout, on s'apercevra que , dans cette exposition , nous n'avons eu en vue que la grande cause de l'ânie; et l'on sera agréablement surpris de voir que les preuves les plus solides et les plus frappantes, que nous exposerons, en troisième lieu, en faveur de la nature des facultés, de la spiritualité, de la liberté et de l'immortalité de l'âme humaine, sortent naturellement de la doctrine sur la nature et les propriétés des corps, et que la vraie Psychologie découle de la vraie physique, comme les conséquences de leurs principes. D'ailleurs, il y a longtemps que saint Paul a dit que la connaissance de l'homme spirituel doit commencer par la connaissance de l'homme physique : Prius quod est animale^ deinde quod est spiritale (1 Cor luth, xv, 46).

Voilà les matières dont nous allons nous occuper, et l'ordre dans lequel nous les traiterons dans cette Section. Ce sont, il est vrai, les points les plus abstraits, les doctrines les plus profondes de la philosophie chrétienne; mais leur importance est aussi grande, que la vérité en est incontestable. Sans la connaissance de cette doctrine , on ne peut rien comprendre de ce qui est, de ce qui se fait autour de nous et en nous-mêmes; on n'est pas philosophe, on ne sait rien de la vraie philosophie. Ci'est parce qu'on y laisse ignorer cette doctrine, que l'enseignement philosophique n'est dans les écoles cartésiennes qu'une véritable dérision. Je demande donc pardon à mon lecteur de l'obliger à se promener, pendant quelques instants, dans un monde peut-être inconnu pour lui, le monde des plus grandes subtilités de la pensée humaine , le monde des abstractions les plus intellectuelles. Ces subtilités et ces abstractions n'en ont pas moins leurs raisons dans la réalité des choses, et n'en sont pas moins absolument nécessaires à comprendre, pour bien connaître les choses et saisir d'un seul coup d'œil l'ensemble des causes des plus grands phénomènes de l'univers, et rennii coynoscere causas: ce qui est le but de toute science. Le lecteur sera donc, nous l'espérons, bien dédommagé des pénibles efforts qu'il aura faits pour comprendre

4 § 59. LAME. PEÉLlMINAlflES METAPHYSIQUES.

ces doctrines, par l'agréable surprise qu'il éprouvera encore, en se voyant en état de comprendre tout un monde nouveau. C'est ainsi que la grande variole d'objets et de paysages inconnus, renfermés dans un immense horizon, qu'on découvre des hauteurs du mont Blanc, dédonmiage amplement le voyageur de la fatigue des sentiers abruptes, des rochers escarpés, qu'il a dû gravir pour y arriver.

§ 59. Différentes significations du mot Cause. — Belle doctrine de saint Thomas sur les catises. — Formules algébriques de cette doctrine. — Dieu, cause e/ftcienfe et exemplaire de tous les cires créés. — Les causes ne sont que de quatre espèces: matérielles, formelles, efficientes et finales. — Douze modes d'agir de ces causes.

Commençons par rappeler ce que la philosophie de l'École enseigne sur les Causes.

On prend quelquefois le mot cause pour indiquer un principe quelconque duquel procède quelque chose. C'est ainsi que quelques Pères grecs ont appelé le Père éternel « Cause du Verbe », en prenant improprement, et dans un sens trèsétendu, le mot cause pour le mot principe. Mais les Pères latins, plus precis et plus exacts dans leurs expressions touchant les plus augustes mystères du christianisme, n'ont appelé le Père (\ue principe et non pas cause du Verbe éternel, afin d'éloigner toute idée que Celui qui n'est (\\\ engendré soit fuit : Gcnilu)n. non factum.

En général, on dit cause toute chose de laquelle suit l'être d'une autre chose; non par simple succession d'ordre, comme, après l'aurore, suit le lecer du soleil et puis le jnidi, quoi(juc ni l'aurore n'est cause du lever du soleil ni le lever du soleil n'est cause du midi ; mais bien par succession de nature, comme de la semence suit l'arbre , et de l'arbre le fruit; et puisque la semence produit vraiment l'arbre, et l'arbre le fruit, l'arbre et la semence sont de véritables causes.

Ainsi deux choses constituent la cause proprement dite : 1° la distinction; 2" la dépendance de l'effet par rapport à ce qu'on lui assigne pour cause.

La dislinclion d'abord, jiarce que la chose qui passe à l'être ne peut être la mêuic que le principe qui l'a fait passer du

non-être à l'être. La dépendance ensuite ; parce que, être transporté par quelque chose du non-être à l'être, c'est dépendre de la chose même, par rapport à l'être.

Or, il y a différentes manières de concourir à l'être d'une chose; aussi y a-t-il différentes espèces de causes. Écoutons saint Thomas.

«On appelle cause, (ï\i-\\{Metaphys.,\]b. V, lec. 5), d'abord tout ce dont se fait quelque chose et qui reste inhérent à la chose faite. Ainsi, lorsqu'on fait une statue d'argent ou de bronze , l'argent et le bronze conservent leur nature dans la statue, restent inhérents à la statue. L'argent donc ou le bronze sont des véritables causes de la statue, mais par mode, ou en raison de matière, et c'est ce qu'on appelle la cause matérielle.

« En second lieu, on donne le nom de catise à ce qui constitue une chose dans un certain genre et dans une certaine espèce. » Et puisque, comme on l'a vu (N° 12, p. 250), ce qui constitue une chose dans un genre et dans une espèce se dit forme, — car c'est par leur forme que les choses ont leur genre et leur espèce, — la cause de cette seconde catégorie s'appelle cav se formelle. L'homme, par exemple , n'est constitué dans l'espèce humaine que parce qu'il est un animal raisonnable. L'animalité et la raison sont donc la forme de l'homme, ou ce qui constitue l'homme ; ce pourquoi l'homme n'est ni l'ange, ni la brute, mais un être d'un genre et d'une espèce à lui, toute propre à lui. Et c'est cette forme, ou l'animalité, unie à la raison, qui est aussi la cavse formelle de l'homme.

Toute définition exprime la nature du genre et de l'espèce, auxquels la chose appartient. Ainsi cette définition : L'homme est un animal raisonnable , exprime que l'homme appartient aux animaux quant au genre, et aux intelligences quant à l'espèce. Mais ce qui constitue la chose dans un certain genre et dans une certaine espèce est sa forme. Toute définition exprime donc la forme d'une chose. Mais encore une fois, \h forme d'une chose est sa caitse formelle: toute définition exprime donc la cause formelle de la chose, et l'on connaît la cause formelle d'une chose dès que l'on connaît sa définition.

Cependant toutes les parties dont se compose une définition n'appartiennent pas à la /o/me de la chose, et n'en expriment pas

6 § ô9. l'amk. pbéliminatres métaphysiques.

la cause formelle; c'est le privilège des seules parties qui dans la définition sont au nominatif. Ainsi, si vous dites : a L'animal « n'est qu'un t'trc vivant et sensible — l'homme est un animal « raisonnable, » le mot vivant aussi bien que lenmt sensible appartient à \a forme de l'animal; le mot animal aussi bien que le mot raisonnable appartient «î la forme de l'homme, et ces mots unis expriment la cause formelle de ces êtres, parce que tous ces mots sont au nominatif.

Mais si dans la définition il y a d'autres parties, d'autres mots aux ca$ obliques, — comme lorsqu'on dit : « L'âme est l'acte.DU a corps organique, — ceci est un pot DE fer, — cela est une flt statue DE marbre, » ces mots DU corps, DE fer, DE marbre , aux cas obliques , n'appartiennent qu'à la matière dans laquelle la forme a son être; ils n'expriment que la cause matérielle de ces choses, et seulement les mots au nominatif : « L'acte — Un pot, — Une statue, » se rapportent à la forme de ces mêmes choses et en expriment la cause formelle.

En troisième lieu, poursuit saint Thomas, tout ce par quoi tout changement et tout repos commencent se dit cause; et cette cause s'appelle cause mouvante ou efficiente. On dit a tout changement et tout repos » parce que tout mouvement et tout repos naturels se réduisent à la même cause, attendu que par la même cause par laquelle quelque chose change de lieu , elle s'arrête et se repose dans le lieu.

En général, tout être qui fait une chose, est cause de la chose faite, et tout être qui permute une chose, est cause de la chose permutée.

Mais il faut savoir, continue le Docteur angélique, qu'il y a quatre modes de faire les choses, c'est-à-dire: 1° par voie de perfectionnement; 2° par voie de disposition; 3° par voie de concours; 4" enfin par voie de conseil.

On fait une chose par voie de perfectionnement, lorsqu'on donne la dernière perfection à la chose, ou (lue l'on donne la forme substantielle aux choses naturelles, ou la forme artificielle aux choses artificielles. Ainsi Dieu est la cause efficiente par voie de perfccli(jnnemcnt de l'honmie, car c'est lui qui donne à l'honnne sa forme substantielle, l'âme raisonnable, par laquelle avant tout il est hounne; et le sculpteur l'est de sa statue, car

c'est lui qui donne au marbre sa forme artificielle par laquelle le marbre représente un tel personnage et non pas un autre.

On fait les choses par voie de disposition, lorsqu'on ne donne pas la dernière forme perfective à une chose , mais que Ton en prépare la matière pour lui donner la forme. Ainsi^ les parents ne sont la cause efficiente de l'enfant que par voie àQ disposition , parce qu'ils ne font que fournir, préparer, la matière ou le corps de l'enfant , afin qu'il puisse recevoir de Dieu sa forme substantielle, l'âme, qui le fait homme. C'est aussi par voie de disposition que les ouvriers, qui coupent les pierres ou le bois pour bâtir une maison, sont la cause efficiente de la maison, tandis que la cause efficiente par voie de perfectionnement n'en est que l'architecte.

On fait une chose par voie de concours (adjuvans), lorsqu'on n'opère pas par une fin propre, mais par une fin étrangère à l'opérant, comme ceux qui aident un prince à faire la guerre.

Opérer par voie de conseil , c'est indiquer la fin et la forme d'opérer aux agents secondaires; comme l'architecte naval indique la fin et la forme du navire à ceux qui y travaillent; comme Dieu, le premier Intellect, donne la fin et la forme d'agir à la nature intelligente et aux êtres qui la composent.

Donc, tout principe qui fait qu'une chose soif d'une manière quelconque^ ou selon son être substantiel ou selon son être accidentel, est cause efficiente.

Quant aux causes qu'on appelle occasionnelles, ou à l'occasion desquelles on opère, et quant aux causes instrumentales par lesquelles on fait quelque chose : puisqu'elles ne confèrent l'être d'aucune manière par elles-mêmes, mais ne font que servir à l'agent qui donne, lui, cet être, elles ne peuvent être comptées parmi les causes efficientes, et c'est fort improprement qu'on leur donne le nom de causes.

En dernier lieu, dit saint Thomas, on appelle cavse, la fin pour laquelle on fait quelque chose. Lorsqu'on nous demande , « pourquoi nous nous promenons, » nous répondons, a pour conserver ou recouvrer la santé;» et, en répondant ainsi, nous croyons assigner et nous assignons en effet la vraie cause de nos promenades. Il est donc évident que la fin est aussi une véritable cause, et c'est ce qu'on appelle la cause finale.

9 § 59. l'ame. préliminaires métaphysiques.

Il n'y a donc que quatre espèces de causes : les causes matérielles, les causes formelles, les causes efficientes et les causes plaies, toute autre cause pouvant être ramenée à l'une ou l'autre de ces quatre catégories.

Toute science, ayant son langage propre, ses termes de convention , la philosophie chrétienne a aussi les siens. On a taxé de barbare ce langage et ces termes, qui cependant ne sont, en quelque sorte, que des formes algébriques de la science, par lesquelles on exprime par un mot ce qui dans le langage philosophique moderne, qui manque de ces termes, ne peut être exprimé que par de longues phrases. Ainsi, les scolastiques disent : «Principe DE quoi, Principium ex gno,y> la cause matérielle ou la matière dont une chose est faite; « Principe EN quoi, Principium guo,y) la cause formelle ou la cause qui constitue la chose dans son genre et dans son espèce; «Principe PAR quoi, Principium quocl, » la cause efficiente ou la cause, donnant un être quelconque aux choses; et «Principe POUKquoi, Principium propter quod,yy la cause finale ou la cause pour laquelle on fait ce que l'on fait. Cette manière de s'exprimer des scolastiques, parfaitement latine et même élégante, très-commode par sa précision et sa brièveté, n'était donc d'aucun préjudice, il s'en faut, à la clarté de l'élocution, tandis qu'elle précisait admirablement les idées.

La cause formelle, selon qu'on la considère comme intrinsèque ou comme extérieure à la chose, se distingue en cause formelle spécifique et en cause formelle exemplaire. La cause formelle spécifique est la /orme de la chose qui en détermine la nature et l'espèce, et qui réside dans la chose même. Ainsi, la disposition d'un édifice en différentes pièces et qui en fait une maison, est la cause formelle spécifique de la maison. La conception , l'idée que son architecte s'en était formée d'avance dans l'esprit, et qui se dessine sur le papier, en est la cause formelle exemplaire. Cette cause est une véritable CRusefonnelle, parce que c'est celte conception intellectuelle de l'architecte qui est la cause de la forme qu'a la maison; et c'est aussi une cause exemplaire, parce que la maison, dans sa forme physique et matérielle, n'est que l'imitation parfaite de l'exemple ou de la forme intellectuelle, existante dans l'esprit de l'architecte. C'est ainsi que toutes

les choses existantes, n'ayant que des formes naturelles spécifiques, parfaitement conformes à l'idée, à V exemple que Dieu s'en était formé dans son intellect de toute éternité. Dieu est la cause formelle exemplaire de tout ce qui existe; et les formes naturelles des choses sont physiquement en elles-mêmes et d'une manière intentionnelle en Dieu. Cette distinction, nous le répétons encore ici, est de la plus grande importance; car, si les choses créées n'existent en Dieu d'aucune manière, Dieu ne les a pas faites; elles existent par elles-mêmes, et voilà l'athéisme. Mais si elles existent en Dieu d'une manière physique et non pas intentionnelle, elles sont de la même substance de Dieu, et voilà le panthéisme. Ce n'est qu'en admettant les formes naturelles des choses comme existantes physiquement dans les choses, et intentionnellement en Dieu, qu'on les conçoit comme réellement distinctes de la substance de Dieu , comme conçues par sa sagesse et réalisées par sa toute-puissance, et qu'on est dans la vérité par rapport à la grande énigme de l'existence du monde.

De cette doctrine des causes, suivent différents corollaires qu'il faut bien noter, car leur secours nous sera nécessaire pour bien comprendre le mystère de l'homme qui est le sujet de cette partie de notre écrit :

1° Il s'ensuit d'abord, Qu'une seule et même chose pont bien avoir, et a, en effet, non accidentellement, mais réellement, différentes causes. Ainsi, par exemple, la cause matérielle delà statue est le bois, le métal ou le marbre ; la cause formelle en est la figure; la cause ejfxciente en est l'artiste; la cause finale est la représentation de tel ou tel autre personnage.

2" Qu'il est impossible qu'une seule et même chose ait plusieurs causes du même genre et dans le même ordre, à moins que ces multiples causes ne soient tellement unies et fondues en quelque sorte l'une dans l'autre, qu'elles n'en forment qu'une seule. Chaque chose ne peut avoir qu'une seule cause matérielle, aussi bien qu'une seule cause formelle, une seule cause efficiente et une seule cause finale. 11 est possible qu'une statue soit formée de différents métaux, mais en tant que ces métaux sont fondus ensemble de manière à ne former qu'wne même matière, et dès lors la statue n'a qu'une seule cause matérielle. Il

10 § 59. l'ame. pbéliminaibes métaphysiques.

est possible que différents ouvriers y aient travaillé, mais sous différents rapports, en tant que l'un d'eux en ait préparé les métaux, que l'autre lésait fondus, qu'un troisième en ait fourni le moule, mais, dans ce cas, tous ayant coopéré ou concouru à la même fin , la statue n'aurait donc qu'une seule cause efticiente, etc.

3» Qu'il est possible qu'une seule et même chose soit en même temps cause et effet, mais sous des rapports différents. Ainsi, la lumière jaillissant du soleil et éclairant les objets, est en môme temps effet, par rapport au corps lumineux qui la produit, et cause par rapport à la vision qui en résulte ; mais il n'est pas possible qu'une seule et même chose soit en même temps cause et effet d'elle-même et en elle-même. Ainsi l'homme est bien effet par rapport au père qui l'a engendré, et eause par rapport au fils qu'il engendre à son tour ; mais il ne peut être en même temps fils et père, cause et effet de lui-même. C'est par cette impossibilité qu'en remontant du fils au père, des effets aux causes, et ce procédé ne pouvant se prolonger à l'infini, on parvient à la cause souveraine , à la première Cause de l'homme et de tous les êtres, qui est Dieu,

4° Que la môme chose peut être cause de deux effets contraires, sous des rapports différents. Ainsi le pilote, qui est le salut du navire lorsqu'il est présent, est cause de sa perte, s'il s'en éloigne; mais il est clair que ce double effet se réduit au même genre de cause, à la cause mouvante ou efficiente.

5° Que la matière et la forme se correspondent et sont mutuellement toutes deux causes quant cà l'être {esse] de la chose qui en résulte. La forme, comme on va le voir tout à l'heure, est la cause de la matière, en tant que c'est elle qui lui donne l'être en acte; l'être purement et simplement, si elle est une forme substantielle, ou l'être, sous certains rapports ( .vecundum quld), si elle n'est qu'une forme accidentelle; et la matière est, à son tour, cause par rapport à la forme, en tant qu'elle la reçoit en elle-même et la fait être dans certaines conditions. Ainsi, dans tout être organique ou animé, l'âme, qui en est la forme, donne l'être au corps et le fait subsister; et le corps, qui en est la matière, reçoit l'Ame en lui et la retient dans le temps et dans le lieu, et par l'une et par l'autre tout être animé est ce qu'il est.

De même, la cause efficiente est la cause de la fin, et la fin est la cause de la cause efficiente. La cause efficiente est la ca\ise de la fin par rapport à l'être, parce que c'est la cause efficiente qui , par son action , fait que la fin soit. La fin est cause de la cause efficiente, non par rapport à Yêtre, car ce n'est pas la fin de l'action qui fait être l'acteur, mais par rapport à la raison de la causalité. Car tout être agissant n'est cause qu'en tant qu'il agit, et il n'agit qu'à cause de la fin ; c'est donc la fin qui en fait, non pas un être existant, mais un être agissant. Le sculpteui; n'existe pas , parce qu'il a représenté un tel personnage ; mais c'est parce qu'il a voulu représenter un tel personnage qu'il a agi de cette façon, et qu'il a donné une telle forme au marbre. C'est parce que le sculpteur a donné au marbre une telle forme, que le marbre représente tel personnage. La fin est la cause de la causalité de la cause efficiente ; la cause efficiente est la cause de la causalité de la forme et de la matière; car c'est par son opération que la cause efficiente rend la matière susceptible de la forme , et fait que la forme inhère à la matière. La fin est donc aussi la cause de la causalité de la matière et de la forme , et par conséquent la fin est la cause des causes : Finis est causa causarum.

Tout ce qu'on appelle généralement cause se réduit à l'une ou l'autre de ces quatre catégories ou genres de causes. Car, si on appelle les lettres « causes » des syllabes, les matériaux, « causes » des choses artificielles, los éléments des corps «causes» des mêmes corps, et les propositions, «causes» des conclusions; c'est parce que les lettres sont la matière des syllabes, les éléments sont la matière des corps, etc., et par conséquent ces causes-là rentrent dans la catégorie des causes matérielles.

On appelle aussi « cause d'une armée » l'ordre d'après lequel y sont réunis les hommes ; « cause d'une ville » l'ordre d'après lequel y sont disposées les maisons; «cause d'un composé, » la composition et la proportion de ses parties; mais l'ordre, la composition, la proportion, ne sont que la forme accidentelle de ces choses. Ces causes donc se réduisent toutes à la catégorie des causes formelles. Tout ce qui tait qu'une ciiose soit, ou qu'elle soit autrement qu'elle était, ou bien tout ce qui fait être une chose ou la change, se réduit à la catégorie des causes effî-

12 § 59. l'amk. pbéliminaibes métaphysiques.

cienles ; et tout ce en faveur ou en vue de quoi se fait quelque chose se réduit à la catégorie des causes finales. Donc, tout ce qu'on appelle généralement « cause » se résume dans une des quatre catégories de causes que nous venons d'exposer, et il n'y a que ces quatre genres de causes : les causes mairrielles, les cïiuses formelles, les causes efficientes et les causes finales.

Selon les différentes manières dont les causes produisent leur causalité, Aristote et saint Thomas les ont distinguées en six catégories. Il y a des causes qui ne produisent qu'un tel effet particulier, comme telle plante ne produit que tel fruit; et il y a des causes qui produisent des effets généraux ou différents effets, comme l'air, la terre, la chaleur, la pluie, etc., sont la cause de toute végétation.

Il y a des causes qui produisent par soi et proprement leur effet, comme le feu engendre la chaleur , et la réflexion de la lumière, les couleurs ; et il y a des causes qui ne produisent leur effet que par accident, comme si l'architecte d'une maison est bossu et le médecin d'un malade, borgne, c'est par accident qu'un bossu a bâti cette maison , et qu'un borgne a rendu la santé à ce malade.

Il y a des causes qui produisent toutes seules leurs effets, comme le peintre fait à lui seul des tableaux , le sculpteur des statues; et il y a des causes qui n'agi.ssent qu'avec le concours d'autres causes, comme le père et la mère engendrent l'enfant, quatre chevaux traînent un chariot , plusieurs pierres sont la cause matérielle d'une maison.

Les modes donc ou les habitudes différentes des causes par rapport à leurs effets sont au nombre de six; et il y a : \° des causes iiniverselles, et 2° des causes particulières; 3° des causes par soi, et 4° des causes par accident ; Ti" des causes simples, et 6° des causes composées, qui s'appellent con-causes. Toute cause, dit encore saint Thomas, peut être considérée comme cause actuellement agissante, ou comme cause n'agissant pas, mais étant en puissance d'agir , comme l"honmie est toujours eti puissance de penser, de vouloir, d'agir; mais il ne pense pas toujours, ne veut pas toujours, n'agit pas toujours. Donc, les six modes différents d'agir, selon qu'on les considère sous ce double rapport

de la puissance ou deVacte, sont doubles, et, par conséquent, ces modes sont tous au nombre de douze.

Voilà la doctrine scolastique des Causes; rien n'est plus raisonnable, ni plus clair; mais rien aussi, comme on le verra bientôt, n'est ni plus sérieux, ni plus important, pour le sujet qui nous occupe. Passons maintenant à la doctrine scolastique sur les Principes.

60. Des Principes. — En quoi ils diffèrent des Causes. — Trois ordres de Principes — Les Principes métaphysiques de tous les êtres, ou la Puissance etl'AcTE. — Nécessité d'admettre ces principes Qu'est-ce que la

fcis,i\^CE, ait sens métaphysique? Ses différentes espèces. — Qu'est-ce que l'AcTi., au même sens? — L'acte premier et Cacte second? l'acte subsistant et l'acte nonsubsistant ?

Le mot PRiiNciPE est généralement adopté en cinq circonstances. 1° On appelle principe le point duquel dérive le mouvement sur une grandeur déterminée. Ainsi le point d'où l'on part pour se rendre ailleurs, est le principe du chemin qu'on va parcourir.

2° On dit « prinripe du mouvement ou de l'action » ce par où commence le mouvement ou Topération, parce que c'est plus commode et plus utile à celui qui meut ou qui opère. Dans ce sens, le principe d'une science est ce qu'on apprend avant tout, non parce qu'il est plus important , mais parce qu'il est plus facile. Car, dans l'étude de toute science et de tout art, on commence toujours par ce qui est plus facile et non par ce qui est plus important.

3" Dans la formation ou dans la génération des choses, on nomme principe la partie intrinsèque à la chose engendrée ou faite la première, et de laquelle commence la génération ou la formation de la chose, de manière à ce que la chose y reste inhérente. Ainsi, le fundementest le principe de la maison, parce que toute bâtisse commence par le fondement. Le germe est le principe de l'animal et de la plante, car tout corps organique naturel commence par le germe.

4° On a[)[ie\le principe tout ce qui produit un effet quelconque, mais en restant en dehors de la chose produite. C'est ainsi que

14 § 60. l'ame. préliminaires métaphysiques.

l'autorité est dite a le principe de Tordre qui règne et des mutations qui arrivent dans une ville ou dans un État.»

5» Enfin, les connaissances, les vérités évidentes par ellesmêmes, les axiomes, sont des principes, car l'intellect procède de ce qu'il connaît à ce qu'il ne connaît pas encore.

Ainsi, dans le principe, la chose commence, mais le plus souvent elle n'est pas faite par lui; tandis que dans la cause, la chose commence et en même temps est faite par elle. Le principe n'implique que la priorité d'origine ; la Cause implique encore la priorité de temps par rapport à la chose qui en résulte. La cause est nécessairement avant son effet; le principe peut coexister avec ce qui s'ensuit. Le Père éternel précède le Verbe par la priorité de Vorigine et non par la priorité du temps. Engendré et non fait par lui, (jenitum non factum , le Verbe a coexisté avec lui de toute éternité. Le divin Père en est \(i principe ai non Xà cause. Ainsi, le principe est plus universel que la cause ; toute cause est principe, mais tout princi{)e n'est pas cause.

En voulant réduire à quelque chose de commun ces cinq différentes significations qu'on donne au mot principe , on peut définir en général le principe, ou avec saint Thomas (1 p., q. 33 à 7) : a Cède quoi procède quelque chose en quelque manière que ce soitj'ï) ou, avec Aristote {Melaph., lib. V, lec. 7) : « Toulepremière chose par laquelle une chose est, est faite, ou connue. »

En expliquant cette définition, saint Thomas observe qu'il en résulte un triple ordre de principes :

i° Le principe de l'essence, qui est le principe intrinsèque à l'être de la chose ; 2° le principe de la génération ou de la formation^ duquel toute génération et toute formation procèdent ; et 3° le principe de \di connaissance par lequel on parvient à connaître la chose. Nous avons longuement disserté des principes de cette dernière catégorie, dans la Section précédente, où nous avons traité de l'homme en tant qu'être infcllectif. Mainlonant, nous ne devons nous occuper que des principes des deux premières catégories, qui nous aideront à connaître l'homme en tant qu'être composé; c'est-à-dire que nous devons voir Tapplicatiou que la philosophie chrétienne a faite de la théorie générale des Principes aux différentes espèces d'êtres en particulier, d'abord dans l'ordre métaphysique et ensuite dans l'ordre physique.

LES PRINCIPES , LA PUISSANCE ET l'ACTE. 15

Les principes métaphysiques sont radicalement différents des principes physiques des êtres, parce que la Physique ne considère que les principes dont se forment les êtres matériels; tandis que la Métaphysique , dont l'objet est I'Être comsiun, considère les principes de tout Être , et, par conséquent, elle traite des principes vraiment premiers et souverainement universaux.

Ces principes métaphysiques que saint Thomas appelle « les premiers dans l'être de la chose, qux sunt prima in esse rei, » parce que c'est par eux que tout être est constitué, ces principes vraiment premiers et les plus universaux, sont la Puissance et l'AcTE. Nous avons, en différents endroits de cet écrit, touché à ce sujet; c'est ici que nous devons le traiter à fond.

Tout être, en tant qu'être, résulte de la puissance et de l'acte d'être [essencH ) ; par conséquent, les premiers éléments métaphysiques de tout être, c'est-à-dire le Genre et la Différence, l'Être {esse), et l'Essence, la Nature et la Subsistance, peuvent se réduire à ces deux termes puissance et acte. Car le genre est à la différenee et l'être est à l'essence , la nature est à la subsistance, dans les mêmes rapports que la puissance est à l'acte.

11 y a eu et il y a encore des philosophes qui, ne distinguant pas bien la puissance ou la possibilité et Vacte , sont tombés en deux erreurs opposées. Quelques-uns d'eux ont soutenu que tout ce qui pouvait exister existe, c'est-à-dire que tout ce qui était possible ou en puissance, est aussi en acte. INIais c'est affirmer que tout ce qui existe a toujours existé. C'est affirmer que le monde, existant par lui-même, d'une nécessité absolue, est éternel, est un être par soi, est Dieu. C'est affirmer que rien n'est eji puissance. C'est nier l'état des choses purement en puissance. Mais rien n'est plus absurde , car la raison et les sens sont en nous en puissance ; mais s'il était vrai que tout ce qui est en puissance est en acte, il s'ensuivrait, ou que nous devrions raisonner toujours, sentir toujours, ce qui est évidemment faux ; ou que nous n'avons la raison que lorsque nous raisonnons, ni les sens que lorsque nous sentons. Mais n'avoir pas la raison, même pour un instant, c'est être irraisonnable, et n'avoir pas de sens, même pour un instant, c'est être insensible. Comment donc un être irraisonnable pourrait-il jamais raisonner, ou un être

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insensible sentir? Il faut donc admettre , au moins dans l'homme, que, lors même qu'il ne raisonne pas ou qu'il ne sent pas en acle, il soit raisonnable et sensible en puissance, et que l'homme ne fait pas toujours en acte ce qu'il est en puissance de faire. Et^ s'il en est ainsi par rapport à l'homme, à plus forte raison il en doit être de même par rapport aux œuvres de Dieu; c'est-à-dire qu'il n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire, et qu'indépendamment des choses qui existent en acte, il y aune infinité d'autreschoses qui, n'étant qu'en pure /)M/5sanceetnonpasenac/e, peuvent être, ou passer de la puissance à l'acte. Il est donc manifeste qu'en dehors des choses qui sont en acte, il y en a d'autres qui sont purement possibles ; que tout ce qui était possible n'existe pas; ou bien que la puissance est réellement distincte de l'acte, de manière qu'il y a des choses qui, pouvant exister, existent , et d'autres qui n'existent pas et qui peuvent exister. Le possible est donc, dit saint Thomas, tout ce dont il ne suit rien d'impossible, lorsqu'on peut le concevoir en acte. La conséquence de cette belle théorie est que le monde existant n'est pas tout ce qui pouvait être ; qu'il pouvait ne pas être .; que dans un temps donné il ne fut pas; qu'il est passé de l'état de pure possibililé à l'état (Vacle, par une puissance supérieure ; qu'il n'est pas un être absolu, mais contingent ; qu'il n'est que l'œuvre libre de Dieu.

Tout être qui n'est pas Dieu a eu un commencement. S'il a eu un commencement, il est passé du non-être à l'être. Mais, même à l'état de non-être, lors([u'il n'était pas encore ce qu'il est devenu ensuite, il était cependant d'une certaine manière; il était dans la série des êtres possibles; car, s'il n'était pas possible, il n'aurait jamais pu passer à l'être, il ne serait pas : Vii/iposaible n'est pas, ne peut être d'aucune manière. Ainsi tout être fini a été d'abord possible , et ensuite il a été en acte. La possibililc donc à être, et l'acte d'être en clfet, voilà les deux principes généraux et conununs à tous les êtres.

Sous un ceiiain rapport , ces deux principes conviennent même à l'Être incréeé, à l'être éternel, à Dieu lui-même. Car Dieu lui-même u'esl que parce qu'il est souverainement et essentiellement possible. S'il était impossible, il ne serait pas, et ne pourrait être. Cest pourquoi, en voulant démontrer par le rui-

LES PBINCIPES, LA PUISSANCE ET l'aCTE. 17

sonnement l'existence de Dieu, on commence toujours par établir que Dieu est possible. Seulement, ayant toujours été, parce qu'il est éternel, Dieu n'est point passé du non-être à l'être, de l'état de pure possibilité à être, kVacte d'être ; mais la possibilité à être n'a jamais été en lui, un seul instant, séparée de l'acte d'être j l'acte d'être est en lui aussi éternel que la possibilité à être; il a été toujours possible et toujours en acte. La possibilité et l'acte sont en lui une seule et même chose. Tout ce qu'il est possible d'avoir, Dieu l'a et l'a eu toujours en acte; Dieu est et a été toujours tout ce qu'il était possible d'être. Il n'a jamais été, un seul instant , en état de pure possibilité ; il est , il a été toujours en acte, par rapport à tous ses attributs, à toutes ses perfections, comme par rapport à son être. C'est pourquoi Dieu se dit un ACTE PUR, ou un acte, impliquant toujours en lui sa possibilité; un acte, toujours subsistant par soi-même, en soi-même; un acte qui ne doit rien à une cause, à un principe extérieur, mais qui est principe et cause absolue et unique de lui-même.

11 n'en est pas de même des autres êtres: ils sont en acte; mais il y eut un temps où ils ne furent que purement possibles : la possibilité d'être n'est point pour eux Vacte même d'être. Or ce sont ces deux états, propres à tous les êtres qui ont commencé à être, l'état dépure possibilité d'être, et l'état d'être en acte, que la philosophie chrétienne appelle « Les principes métaphysiques de tout être, communs à tout être, et qu'elle nomme Puissance et Acte. Car tout être, en tant qu'être, n'est qu'en puissance d'être ou éta7it en acte. La puissance et Vacte sont donc les constitutifs métaphysiques de tout être, les principes qui le font par soi et premièrement ce qu'il est, et il n'y a rien qui ne soit ou puissance ou acte, ou l'une et l'autre chose en même temps.

Avant de passer outre, nous devons rappeler à notre lecteur que, dans cette importante discussion, le mot puissance n'est pas le contraire du mot faiblesse, ni le synonyme des mots force, faculté, vertu, pouvoir. Ce sont là des qualités (N° 12,p.2i9) au l'être existant en ac^e, et il ne peut être question de rien de semblable, pour l'être considéré sous le rapport de \à puissance, pourl "être en puissance à être, qui peut bien être, mais qui n'est pas encore. Le moi puissance est ici synonyme des mois possibilité , capa-

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