‹ La philosophie chrétienneChapitre 132 sur 249 · GG § 109. IMMATÉRIALITÉ DE L'AME SENSITIVB · texte numérisé non relu

GG § 109. IMMATÉRIALITÉ DE L'AME SENSITIVB

tive, la place que l'amour tient dans l'âme intellective, avec cette différence que le mouvement de la locomotion'est le changement du lieu , par rapport au corps , et est un mouvement physique , tandis que le mouvement de l'amour est le changement de l'habitude de l'âme , et est un mouvement tout spirituel et tout moral.

Mais, quelque physiques, quelque matériels que soient le sujet et l'objet de la faculté locomotive, le motif qui la détermine et qui est I'appétiT; et le mode dont elle s'exerce et qui est la spo^TA^ÉiTÉ^ ne le sont pas, car ils n'ont rien de matériel et de physique. C'est à ce point de vue que cette troisième faculté de l'âme sensitive, la vertu locomotive, sert même à prouver son immatérialité.

En observant attentivement les animaux de différentes espèces, on trouve que tous, même les plus imparfaits parmi eux, ont des organes plus ou moins nombreux , plus ou moins souples, plus ou moins variés, suivant la nature différente du mouvement qui leur est propre, et salon les lieux, les milieux dans lesquels ils doivent se mouvoir pour atteindre le but qui leur a été assigné. Les quadrupèdes, dont la marche est bornée à la terre, ont quatre pattes, d'une configuration différente et différemment armées, selon la nature des heux qu'ils sont destinés à parcourir. Les oiseaux, qui participent à la locomotion terrestre et au vol, ont deux pieds et par surcroit des ailes. Les poissons , qui ne vivent et ne se meuvent que dans les eaux , sont organisés en petits navires vivants: le museau leur sert de proue , les nageoires de rames, et la queue de gouvernail.

Dans l'hypothèse cartésienne, d'après laquelle les animaux ne seraient que des automates dont Dieu mettrait en mouvement les organes, comme un joueur de marionnettes fait mouvoir les membres de ses petites machines do bois , les organes des brutes n'auraient d'autre but que celui de cacher l'action divine, dans la grande et perpétuelle comédie qu'elle jouerait pour amuser ou plutôt pour tromper ses créatures.

D'après les principes psychologiques de Descartes, cette indigne hypothèse est très-logique. Pour Descartes , ainsi que l'enseigne en toutes lettres la Philosophie de Lyon d'après Descartes, Dieu seul est la cause efficiente de toutes nos idées : Deus

Page 1