UNION DU VEBBE AVEC L'HUMANITÉ
s'est faite que dans l'unité de la même personne, la personne du Verbe, servant de support à son humanité. Et, par rapport à l'homme, en parlant du corps comme d'un habillement de Tàme, et dont l'âme ne voudrait pas être dépouillée, le grand apôtre a voulu nous dire aussi que , tout parfait que soit le corps humain, car c'est le seul, parmi tous les corps animés, qui porte un cachet divin sur son front, et qui, par sa prestance et par sa beaulé, annonce l'homme comme le roi terrestre de la création, cependant, n'ayant pas d'être purement corporel et n'ayant de subsistance que dans l'être et par l'être de l'âme, notre corps est une espèce de vêtement dont Dieu a environné l'âme, afin qu'elle pût se mettre en rapport avec la matière sans cesser d'être esprit, et que l'union des deux substances dans l'homme ne se fait que dans l'unité du même être, l'être de l'âme servant de support à son corps.
En second lieu, il est vrai que les vêtements ont leur propre être , distinct de l'être de la personne qui les porte ; mais il est vrai aussi qu'en s'adaptant parfaitement à la taille et aux différents membres du corps, étant unis de la manière la plus intime au corps, et faisant un tout avec le corps, en sorte que nos mouvements ne sont ni du corps seul ni des habits seuls , mais du corps habillé, la comparaison des vêtements est la plus propre à indiquer d'une manière sensible l'union intime du corps avec l'âme, et le concours de tout le composé humain dans toutes les opérations de l'homme. Vodà la vraie philosophie scolastique.
Ainsi, pour les savants chrétiens qui n'ont pas voulu faire de la science aux fausses lueurs des disputes de l'Académie, du Portique ou du Lycée, mais à la vraie lumière de la foi de l'Église, comme Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, est essentiellement et substantiellement UiN, non par la confusion des deux natures, mais par l'unité de la personne; de même l'homme, vraie âme et vrai corps, est essentiellement et substantiellement UN , non par le mélange des deux substances, mais par l'unité de l'être. Comme Jésus-Christ n'est que le Verbe soutenant, par sa personne divine, une humanité parfaite mais incomplète, puisqu'elle manque de la personnalité purement humaine ; de même l'homme n'est qu'une intelligence soutenant, par son être spirituel, un corps parfait, mais incomplet, puisqu'il manque de l'être
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purement corporel. Comme en Jésus-Christ il n'y a rien d'intermédiaire qui unisse la divinité avec l'humanité, de même, dans l'homme, il n'y a rien d'intermédiaire qui unisse l'àme au corps. Comme enfin, en Jésus-Christ, le Verbe ne s'est pas uni à l'homme comme moteur accidentel, mais comme personne substantielle de l'homme; de même, dans l'homme, l'àme n'est pas non plus unie au corps comme moteur accidentel^ mais comme forme substantielle du corps. Ce sont les principes fondamentaux de la vraie théologie el de la vraie philosophie, ou de la science chrétienne, que saint Anastase a renfermés dans ces belles paroles : Sicut anima rationalis et caro unus est homo, ita Deus et homo unus est Christus : vnus omnino, non confusione substantiœ, sed unitate personœ; et que le concile de Vienne a consacrés par cette grande sentence : Si quis dixerit animant rationalem non esse formani substantialem corporis humani, anathema sit.
Lecteur, que dites-vous de cette philosophie toute chrétienne sur l'âme? Pouvez-vous ne pas convenir qu'elle est grandiose, magnifique, sublime, et qu'elle est parfaitement conforme aux plus nobles instincts de la conscience, aux conceptions les plus élevées de la raison, aux plus grands, aux plus délicieux mystères la foi, et que, par conséquent, c'est la seule philosophie digne de ce nom, et la seule vraie philosophie? Ne regrettez-vous pas qu'au collège ou au séminaire, non-seulement on vous l'ait laissé ignorer, mais qu'encore on vous ait encouragé à la combattre ? Mais n'en voulez pas à vos malheureux maîtres : ils ne pouvaient pas vous apprendre ce qu'ils ne savaient pas; car, depuis deux siècles, on n'enseigne pas à la jeunesse chrétienne un seul mot de cette philosophie chrétienne dans les écoles chrétiennes; et, s'il en est question, ce n'est que pour en inspirer la haine et le mépris. Mais, patience, si on ne faisait que cacher le vrai ! Pour comble de malheur, on ne l'a remplacé que par le faux de la pire espèce ; car les différentes doctrines qu'on cherche à implanter, même aujourd'hui, dans les jeunes intelligences sanctifiées par la grâce de la foi, ne diffèrent entre elles que par des degrés plus ou moins grands d'absurdité et d'impiété ! Voyez, en effet, ce que sont, par rapport à leurs principes et par rapport à leurs conséquences, les fameux systèmes que la raison égarée a inventés jusqu'ici pour s'expliquer ce qu'elle appelle le commerce