‹ La philosophie chrétienneChapitre 72 sur 249 · UNION DE LAME AVEC LE COBPS · texte numérisé non relu

UNION DE LAME AVEC LE COBPS

On comprend aussi que la même comparaison ne convient pas, avec la même justesse, à Jésus-Christ et à l'homme; car le Verbe s'est uni d'une manière si indissoluble à l'humanité qu'il a prise, qu'il ne l'a jamais quittée et qu'il ne la quittera jamais: Qiiod semel assumpsit, nvnquam dimisit : tandis que l'âme est unie au corps de manière à pouvoir en être séparée pour un temps, ce qui arrive, en effet, par la mort, et est réparé par la résurrection.

Mais, ces réserves faites , la comparaison de saint Paul peut nous faire comprendre, en quelque manière, le mystère de Jésus-Christ et celui de l'homme ; elle est, sous un certain rapport, d'une admirable justesse, et d'une grâce et d'une élégance toutes particulières. D'abord, en expliquant l'ineffable et délicieux sacrement de l'Église, figuré dans la tunique du Seigneur, tunique sans couture et d'un seul tissu du haut en bas , et qui , Dieu ne le permettant pas , ne fut pas déchirée , parce que l'unité de l'Église est indissoluble (1). A ce sujet, saint Augustin a dit : «Oh! que cette tunique représente bien l'Église! elle nous apprend que, comme les habits ne restent pas debout tout seuls , mais uniquement en tant qu'ils sont portés par la personne qui en est revêtue, de même l'Église n'existe qu'en tant que Jésus-Christ, qui en fait son corps mystique et son vêtement, la soutient en lui-môme et par lui-même ('2). » Or c'est là la belle pensée de saint Paul, en comparant à un vêtement l'humanité prise par le Verbe divin, et le corps uni à l'âme humaine. C'a été nous dire que l'humanité assumée par le Verbe, toute vraie et parfaite qu'elle soit et sans tache , et éclatante de la grâce et de la beauté de Dieu, n'ayant cependant pas de personnalité purement humaine, et n'ayant sa subsistance, ne se tenant debout que dans la personne et par la personne du Verbe, elle a été une espèce de vêtement dont le Verbe éternel a daigné se couvrir, pour devenir ce que nous sommes, sans cesser d'être ce qu'il était, et que l'union des deux natures en Jésus-Chri j.t ne

(1) » Erat tunicainconsutilis, desuper contextaper toliiin(/oan.). »

(2) " Qua({ri|)iitita VfStis Doniiiii q laciripartilaiii (ij;ui,ivit Kccle iain; qiian luoi scilicet partibiis i orbe {liniisaiii.Tunica veroilla sii;iii(i ai uiiitatnn, qua» « carilatis^vinculo continoliir. Sicut vestes, nisi a poilanle foncoDlur, ra<iiiut : <■ sic Cliii tus liilciinen est Ecclesijc (Tractât. 118, Jonn.^. »

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