‹ La philosophie d'Auguste ComteChapitre 126 sur 161 · Pol. po$.} 11, iai-i3i · texte numérisé non relu

Pol. po$.} 11, iai-i3i

Le secret de cette prédilection de Comte pour le moyen âge n'est pas difficile à découvrir. Il ne se lasse pas de célébrer l'organisation catholique de cette période, la séparation du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel1, et enfin le « miracle de l'hégémonie papale. » L'antiquité n'a rien connu de pareil. Cela seul suffirait à établir la supériorité du moyen âge. Cette séparation des deux pouvoirs, la philosophie positive va la restaurer aujourd'hui. Elle achèvera « l'admirable ébauche » que l'Eglise catholique a dessinée jadis.

Le positivisme, a dit Huxley, c'est « le catholicisme moins le christianisme. » Comte n'eût peut-être pas protesté très vivement contre cette définition. En effet, dans le catholicisme du moyen âge, il distingue la doctrine et les institutions. La doctrine était caduque, et elle va disparaître. Mais les institutions étaient le chef-d'œuvre de la sagesse politique, et elles n'ont été ruinées que pour avoir paru inséparables de cette doctrine. Il convient de les rétablir sur des bases intellectuelles à la fois plus étendues et plus stables 2. La philosophie positive fournit ces bases. Elle saura restaurer le (( gouvernement des âmes », d'après le modèle que lui a laissé l'Eglise catholique du moyen âge.

On a dit souvent que l'action sociale du catholicisme était surtout due à son* enseignement moral. Comte renverse cette proposition. L'efficacité morale du catholicisme a tenu principalement à la constitution de l'Eglise, et très accessoirement à sa doctrine3. Sans Faction constante d'un pouvoir spirituel organisé, une

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