Pol. pas., I
2l6 LA PHILOSOPHIE D1 AUGUSTE COMTE
renouvellent pas se dissout. Mais « nous ne pouvons pas plus expliquer cette instabilité que cette spécialité l.»
De même, nous voyons que dans les corps vivants les fonctions nutritives sont à la base du reste ; mais il n'y a pas de contradiction à « rêver » la pensée et la sociabilité chez des êtres dont la substance resterait inaltérable. De ce point de vue, le spiritualisme n'est pas moins admissible que le matérialisme. D'autant que la mort ne semble pas une conséquence nécessaire de la vie. C'est encore une idée commune à Descàrtes et à Comte. Ils conçoivent tous deux un organisme où le jeu des fonctions ne s'arrêterait pas de lui-même. La théorie de la mort, dit Comte, quoique fondée sur celle de la vie, en est entièrement distincte2.
Si la biologie hésite encore souvent dans la position de ses problèmes et dans le choix de ses hypothèses, cela tient, en grande partie, aux deux tendances opposées entre lesquelles elle a oscillé au siècle dernier. D'un côté, Boerhaave, et l'école de physiologie qui se rattache plus ou moins directement à Descartes, cherchaient une explication mécaniste des phénomènes biologiques, et tendaient à réduire la biologie à la physique et à la chimie. D'autre part, Stahl en Allemagne, et l'école vitaliste de Montpellier en France invoquaient des principes métaphysiques et des hypothèses invérifiables. Ballottée ainsi d'un extrême à l'autre, la biologie n'échappait à 1' « oppression » des sciences inorganiques que pour s'embarrasser de conceptions peu scientifiques3. C'est seulement à la fin du xviii0 siècle,