‹ La philosophie d'Ernest RenanChapitre 25 sur 127 · I. Feuilles dStachSes, pp · texte numérisé non relu

I. Feuilles dStachSes, pp

Renan la justifie tout d'abord en affirmant qu'il n'y a pas do progrès en philosophie. La philosophie, répète-t-il dans tous ses ouvrages, a renoncé à procéder comme les sciences, en additionnant des résultats successivement acquis ; et c'est pour cela qu'elle a été parfaite dès ses débuts, « comme tout ce qui n'est pas fécond ' ».

Or, si celte thèse doit vraiment étayer la première, peut-elle se passer elle-même d'une démonstration? Il semble qu'aux yeux de Renan elle soit d'une évidence immédiate. Ne suffit-il pas d'ouvrir un manuel d'histoire pour constater que, sur les mêmes questions, les controverses sont éternellement ouvertes et tournent toujours dans le même cercle? Les mêmes affirmations ne s'opposent-elles pas toujours aux mêmes négations? — Le fait n'est peut-être pas incontestable et l'on imagine qu'il ne serait pas impossible de trouver des points sur lesquels l'accord est fait définitivement, d'autres sur lesquels il devient tous les jours plus facile et plus probable. Mais acceptons le fait tel qu'on le présente : encore convient-il de le bien interpréter. Renan devait des explications

i. Dialogues et fragments philosophiques, p. 285.

à ceux de ses contemporains qui reproduisaient, avec plus ou moins de fidélité, les formules ou les idées de Hegel : la métaphysique ne réalise-t-elle aucun progrès, si elle suscite sans cesse des principes antagonistes et les réconcilie dans des principes supérieurs? Il devait des explications aux éclectiques qui lisaient dans l'histoire une philo sophie toute faite, perennis quœdam philosophia : est-on autorisé à dire sans preuve qu'il est incontestable que la philosophie piétine sur place, lorsque la plupart des penseurs d'une époque affirment le contraire? On a souvent raison contre L'assentiment universel, mais on n'en triomphe que par nue démonstration. Renan avait à défendre son sentiment contre les philosophes qui proclament

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plus apparentes que réelles e1 que, sans nier le principe de contradiction, il convient de concilier entre elles les doctrines. Q avait à discuter l'as* sertioii de cette école qui soutient que les grandes doctrines sont réellement contradictoires entre elles, qui renonce à les concilier el qui pourtant ne conclul pas au scepticisme : le criticisme, en effet, voil un progrès dans la façon dont une même question se présente à travers les siècles ; l'esprit

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