L Avenir de la Science, p
sur les indications de Cousin, il croit avoir remar quée dans le devenir des langues. Il a appris de son maître que le fait le plus simple de la connaissance humaine s'appliquant à un objet complexe se compose de trois actes : vue générale et confuse du tout, — vue distincte et analytique des parties, — recomposition synthétique du tout avec la connaissance que Ton a des parties. L'esprit humain, dans sa marche, traverse trois états qu'on peut désigner sous les trois noms de syncrétisme, d'analyse, de synthèse, et qui correspondent à ces trois phases de la connaissance. « Les langues présentent un développement analogue. Prenons une famille de langues, qui renferme plusieurs dialectes, la famille sémitique par exemple. Certains linguistes supposent qu'à l'origine il y avait une seule langue sémitique, dont tous les dialectes sont dérivés par altération; d'autres supposent tous les dialectes également primitifs. Le vrai, ce semble, est qu'à l'origine les divers caractères qui, en se groupant, ont formé plus tard le syriaque, l'hébreu, etc., existaient syncrétiquement et sans constituer encore des dialectes indépendants. Ainsi : 1° existence confuse et simultanée des variétés dialectales ; 2° existence isolée
des dialectes; 3° fusion des dialectes en une unité plus étendue '. »
Faut-il, se demande Renan , limiter cette loi à l'intelligence humaine? — « Évolution d'un germe primitii et syncrétique par L'analyse «le ses membres, et nouvelle unité résultant de. cette analyse, telle est la loi de tout ce qui vit. Un germe esl posé, renfermanl en puissance, sans distinction, toul ce que l'être sera un jour; le germe se développe, les formes se constituent dans Leurs proportions régulières, ce qui était en puissance devienl un acte; mais rien ne se crée, rien ne s'ajoute '. » El pourquoi reculer devant une extension plus grande encore de L'hypothèse, « que l'on ne prend plus d'une manière dogmatique, mais comme une belle épopée sur le système des choses » ? Pourquoi ne pas supposer que c'est la loimêmede Dieu? — «L'unité primitive était sans \\i\ car la vie n'existe qu'à La condition de l'analyse et de L'opposition des parties. L'être étail
Comme S'il n'était pas, car rien n'y étaîl distinct ;
tout j étail sans individualisation ni existence 6éparée. La vie ne commença qu'au moment où
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