Questions contemporaines, p. 4G
bonnes gens ; mon Dieu ! que j'avais tort ! C'est un dieu qui n'est pas méchant et qui n'a jamais fait de mal. Qui donc a dit que Dieu prenait plus de plaisir aux jurons du soldat français qu'aux prières d'un ministre de telle ou telle secte puritaine ! ? »
Ce n'est point là une boutade lancée en passant, pas plus que l'article sur la théologie de Béranger ne lui avait échappé en un jour d'extraordinaire austérité. Ouvrons les Essais de critique et de morale : « Une pensée que je mets fort au-dessus des opinions et des hypothèses, c'est que la morale est la chose sérieuse et vraie par excellence et qu'elle suffit pour donner à la vie un sens et un but». » Franchissons vingt-cinq ans : « Amiel se demande avec inquiétude : « Qu'est-ce qui sauve? » Eh! mon Dieu! C'est ce qui donne à chacun son motif de vivre. Le moyen de salut n'est pas le môme pour tous. Pour l'un, c'est la vertu ; pour l'autre, l'ardeur du vrai; pour un autre, l'amour de l'art; pour d'autres, la curiosité, les voyages, le luxe, les femmes ; au plus bas degré, la morphine et l'alcool. Les hommes vertueux