‹ La philosophie d'Ernest RenanChapitre 65 sur 127 · Met Loclere, l* UôU tocial des Vniïtrsitt't, p · texte numérisé non relu

Met Loclere, l* UôU tocial des Vniïtrsitt't, p

LA POLITIQUE i4i

qu'il faudrait au contraire enthousiasmer. Notre démocratie en serait-elle où elle en est, si, au lieu de chantonner toujours les mômes airs moqueurs ou décourageants, Renan, avec la magie de son éloquence, avait convié notre jeunesse au grand œuvre de l'éducation nationale et du rapprochement social ' ?

Pour attendre quelque bien du régime qui fait notre malheur, répondrait Renan, il nous faut méconnaître sur quels sentiments il repose : « l'égoïsme, source du socialisme, la jalousie, source de la démocratie *. » L'observation ne montre guère que le socialisme ne soit dû qu'au désir de jouissances personnelles ; il a de la peine à se réduire à n'être, comme d'aucuns le voudraient, que la question du ventre. Quand il prend le peuple en dehors des heures de souffrances matérielles, c'est par ses hautes aspirations, par son idéalisme. Il est possible que la démocratie n'aille pas sans jalousie ; mais quel régime en est indemne ? D'après Renan, les démocrates sont des matérialistes qui ne reconnaissent à la société

1. Ces lignes ont été écrites c:i 1894. Les événements ont démontré, avec une brutalité que les dilettantes n'avaient point prévue, l'urgence de l'extension universitaire.

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