La Réforme intellectuelle et morale de la France, p
qu'un but, « c'est que les individus qui la composent jouissent de la plus grande somme possible de bien-être, sans souci de la destinée idéale de l'humanité. Que parle-t-on d'ennoblir la conscience humaine? Il s'agit seulement de contenter le grand nombre, d'assurer à tous une sorti' de bonheur vulgaire '. » Renan l'avait déjà dit dans Caliban : « La révolution, c'est le réalisme... Tout ce qui est idéal, non substantiel, n'existe pas pour le peuple... Le peuple est positiviste ■. » — Encore une fois les faits ne paraissent-ils pas raconter le contraire? N'a-t-on pas toujours reproché à la démocratie française d'avoir vécu ••[ souffert à la poursuite de chimères ? — Et nous sommes acculés à cette constatation : Renan n'a pas tiré sa théorie aristocratique de L'observation de la réalité. Il a vu la réalité à travers sa théorie. Toutes ses affirmations sont déduites d'une définition posée comme prémisse : La démocratie, c'est la coexistence des appétits ou, si l'on ?eut, la juxtaposition d'individus à qui l'on confère le droit df prétendre à tout.