‹ La philosophie d'Ernest RenanChapitre 89 sur 127 · Souvenirs d'enfance et de jeunesse, p · texte numérisé non relu

Souvenirs d'enfance et de jeunesse, p

sciences abandonnées pour colle-là '. Si, dès cette époque, il a peur de l'action, c'est que l'action crée des engagements et noue des liens : « Je ne me classerai nulle part. Si par le fait je me trouve classé, ce sera un fait, rien de plus. Si je trouve des personnes qui voient comme moi, nous sympathiserons ; sinon je serai seul. Je suis fort égoïste : retranché en moi-même, je me moque de tous. . . Pour avoir de l'influence, il faut arborer un drapeau et être dogmatique. Allons, tant mieux pour ceux qui en ont le cœur. Moi, j'aime mieux caresser ma petite pensée et ne pas mentir. . . Le penseur est le Jupiter olympien, l'homme spiritue qui juge tout et n'est jugé par rien. . . Il faut, autant que possible, se maintenir dans une position où l'on soit prêt à virer de bord, alors que change le vent de la croyance. Et combien de fois doit-il changer dans la vie? Cela dépond de sa longueur*.') Dans ces lignes de 1846 s'annonce un Renan que nous avons connu quelque quarante ans plus tard.

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