Nouvelle Monadolof/ie, p
c"est-à-dire la ruplurc de ce consensus primordial des hommes qui forme à la fois leur ordre et Tordre de la nature, est la conséquence du péché, dont la responsabilité pèse sur l'Adam collectif ». L'organisme social s'identifie avec le monde, car il n'y a pas de matière proprement inorganique, c'est-à-dire soustraite entièrement à l'action de la pensée et de la volonté. De même que dans l'ordre actuel des choses, la volonté de l'individu meut les organes de son propre corps, dans l'état primitif « une harmonie de causalité est établie universellement entre chaque conscience d'ordre supérieur et le corps commun des corps des consciences semblables, par lequel s'olTecluent leurs relations et leurs communications ■ », Toute matière en ce sens est organisée, sans résidu, sans parties mortes, et le monde dans son ensemble est une sorte d'organe humain, puisque l'effet des fonctions mentales s'étend partout. « On peut concevoir alors que les lois mécaniques et leurs elfets — qui ne comprennent rien de moins que toutes les forces naturelles, selon les principes de la physique moderne — passent, tout en conservant leurs propriétés, sous l'empire des êtres vivants dominateurs et deviennent maniables par le jeu volontaire de leurs organismes, soit à un degré, soit pour la production de phénomènes que nos organes actuels ne sauraient atteindre'». Nous nous représentons ainsi la création « comme formée du faisceau d'un nombre immense d'organismes particuliers reliés en un, mais correspondant à autant de consciences individuelles et libres, (|ui devaient communiquer entre elles, exercer des actions sur les corps, par là les unes sur les autres, et associer leurs vies pour la vie universelle' ».
Ces prémisses posées, nous comprenons aisément com-
1. Philosophie analytique de l'histoire, L. IV. p. 762. 1*. Principes de la nature, 2« (-dit., t. II; p. 208.