‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 181 sur 182 · OUVRAGES DE CH. RENOUVIER · texte numérisé non relu

OUVRAGES DE CH. RENOUVIER

Les dilemmes de la métaphysique pure. 1 vol, in-8'^ r» h'.

In loiiU' (liscus-ioii i|iii toiiclif il des <ujrls de |iliil()so|ilii(", les osprits logiques sont vile an)cn(?s a |)0>i(>r des iiueslious de niélapliysiiiiic, paice i|ue la imMapliysiinie est la science des premiers prin- <-ipcs de la connaissance. Ces principes se réduiseni à un hicii phispelil nombre ipidn ne le croirait de lU'inie abord. L'auteur des bilrmiiii'S ilf In mi-Za/ihyxii/iir pure en compte cini( : le principe de conditionneineul et de conlradiclioii, le principe do la substance, le principe de l'inlini, le principe (lu déterminisme el le principe de la conscience. Il en expose brièvement l'Iiisloire pi'isc dans les plus connues des doctrines de pliilosopliie. Puis, au sujet de chacun d'eux, il établit deux propo- >ilions contradictoires l'une à l'autre, entre les(|uelles l'esprit est tenu d'opter, et c'est ce que, par une heureuse extension de ce terme logique, il appelle des dilemmes. Il opiiose, en résumé, à l;i philosophie de l'Absolu, de la Substance, de l'inlini, de la Nécessité, el du monde considéré comme étant essenliellemeut la Clwse. la philosophie du relatif, des phénomènes, des lois, des linules el de la conscience libre, qui est cssentiellcnient la philosophie de la l'ersoiine. La doctrine qui résulte lie la discussion des dilennues, losiqui'nieuL ramenés au dilennue du Condiliounenienl el de Tlnconditionuc, pourrait se nommer le personnaUsme.

Histoire et solution des problèmes métaphysiques. 1 vol. in-8 '. 7 fr. 50

Mu dirait presque loute luie histoire de la mi'l.i|ili\-iqiic, que l'auteur se serait proposé d'écrire; mais il ne se conlcnte pas d exposer les problèuus foudanientaux de la spéculation philosophique : il les apprécie et il les juge, il on donne la solution. Chacune des grandes doctrines est suivie par lauti'ur à travers les âges : les liiodilicat ions souvent profondes que leur ont fait subir les philosophes qui les ont proposées et défendues, sont notées avec précision et expliquées : do là des rapprochements parfois inattendus et toujours piquants entre des anciens et des modernes qui ne croyaient pas être si anciens, de là encore un jour nouveau jeté sur des questions restées obscures ou mal comprises.

Le li\ro est plein d'idées neuves et profondes. II nous semble appelé à modifier, en des points hi's inq)orlanls, des jugements faux ou incomplets portés par les historiens de la philosophie sur les doctrines des philosophes.

Voici comment l'auteur, dans s^on avant-propos, justifie le litre de son livre : « Histoire, Soluliiiii. \.' HisOiire est celle des principes les ])lus généraux de la spéculation métaphysique, dont <lépendent tous les sujets capitaux du ressort de la philosophie, la méthode et les théories, et dont les formules nettes historiquement connues, en nondjre fort réduit, sont contradictoires les \nies des autres. La Solution, c'est celle dos dilemmei; de la m(Uiiplnjsi(/ue pure : apvbs l'avoir préparée par la critique dos systèmes, au cours de l'ouvrage, nous la formulons par la brève exposition de la doctrine néo-criliciste qui le termine. »

Le personnalisme, suivi d'une Etude sui- la Perception externe et sur la Force. 1 vol. in-8" 10 fr.

Dans ce travail, à la fois psychologii|ue et scientifique, l'auteur prend à tâche de démontrer, par la logique et la morale d'abord, ensuite par la physi(|ue. cette vérité que l'étude de la personne, • 11 laid que conscience et volonté, est le vrai fondement de toutes nos connaissances. Parlant de <( Ile donnée primordiale, il montre comment ou peut étudier, au moins dans leur plus grande ;;éiiéralité, les relations constitutives des principaux objets de l'expérience qui ont toujours pour eoeflicieuls les facteurs de la conscience. La représentation externe est en effet une représentation en nous. La seconde partie de l'ouvrage : Etude sur la perception externe et sur la Force, est fortement rattachée à la première. C'est toujours le problème de la iiersonnalité que l'on étudie, mais pris à rebours. .Sans doute, les objets externes doivent être alors considérés comme donnés pour eux-mêmes, mais on démontre que c'est seulement en nous rapportant aux propriétés de la personne que nous pouvons rationnellement définir la matière, expliquer la nature, nous représenter les synthèses des ])hénomènes et comprendre le monde réel, le monde vivant.

Une élude des conditions physiques et morales de l'humanité et des crises principales de son histoire, fait partie de ce livre. C'est un chapitre de sociologie considérable, non pas tant par sou étendue que par limporlaiice des conséquences que l'auteur en fait ressortir.

lue métaphysique, une psychologie el les premiers éléments d'une sorte de sociologie universelle sont ainsi exposés au point de vue de la personne centre du monde, princijie et lin des connaissances humaines. L'auteur, chemin faisant, renverse de nombreuses idoles métaphysiques, ou soidisant scientifiques, que beaucoup de penseurs prennent encore pour des vérités.

Uchronie. Uutopie cZa/is Vhbtoire. 2" ("dition, fevuc. 1 vol. in-8". 7 fr. 50

Le sous-titre. Histoire de la cirilisalioa européenne, telle i/u'ctle n'a pas été, telle (/tt'elle aurait pu t'trc, indique l'objet moral du livre, mais non son suj-^t proprement dit. 11 s'agit de l'histoire d'un certain moyen âge occidental qui aurait commencé vers le premier siècle de notre ère pour finir \ers le quatrième, puis, d'une certaine histoire moderne occidentale, qui s'étend du cinquième au neuvième. L'écrivain compose une uchronie, utopie des temps jiassés. Il écrit l'hisloiro non telle qu'elle fut, mais telle qu'elle aurait pu être, à ce qu'il croit. .Arrivé au terme, il pose la liberté iqorale de l'homme en guise de fondement el de réalité sérieuse de son œuvre, mais sans quitter la fiction ; car, supposant alors que certains personnages eussent pris d'autres résolutions qu'ils n'ont fait il y a quinze cents ans, — el ses résolutions là sont celles qu'ils ont véritablement prises, — il inonlre en peu de mots la conséquence do leurs actes, il fait pressentir loute la suite des calariiilés possibles, interminables qui on seraient sorties; et ces calamités sont celles qu'ont éprouvées nu.-- pères, el qui pèsent sur nous.

FELIX ALCAX. KDITKL'K

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