‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 180 sur 182 · i/jid., p · texte numérisé non relu

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théorie do l'action libre, du bien possible auquel il faut croire parce qu'il faut y travailler, à l'antique défaillance du désespoir religieux. Il ne serait que juste de présenter au moyen âge les excuses auxquelles il a droit. Sans doute Renouvier ne renie pas son apologie du droit, mais il n'y croit plus, et il est d'accord avec les moines pour faire de cette vie une épreuve, un ascétisme, et du salut individuel la vraie lin de l'homme. Dans ses années de virile confiance, quand il préférait l'audace dans l'action à la témérité dans la tiction, il avait prévu lui-même sa dernière philosophie et il l'avait condamnée. Il avait montré le partisan de la liberté, n'osant « imaginer des sociétés toutes volontaires », efïrayé des effets de la loi de solidarité, de la faible puissance dont l'individu dispose, et se réduisant à travaillera son salut indivuel. Il s'était demandé si le destin de l'humanité est « d'aller, jusqu'à la fin, d'anarchie en autorité contrainte et d'autorité contrainte en anarchie, sans que jamais l'homme social parvienne à constituer des sociétés volontaires de paix et de liberté. » Et il avait répondu en moraliste libertaire qui refuse de soumettre la morale à la religion, la liberté à un destin : il est possible qu'il en soit ainsi. « Il n'existe après tout que des hommes, des personnes;... la liberté en doit décider. Supposé qu'il en fût ainsi, ce qui, selon le postulat de la liberté, n'est peut-être point actuellement prédéterminé, le devoir subsiste pour toute personne, et la réalisation de cette humanité contingente est le but du devoir'. » Et finalement, en reconnaissant dans l'immortalité personnelle une solution qui, en tout état de cause, achève le sens de la vie morale, il laissait à l'énergie des êtres libres de résoudre un problème d'avenir qui ne peut être résolu que par elle : « l'expérience et l'effort personnel ouvrent une école à chacun dans sa sphère, grande ou petite, active ou de spéculation. Ecole particulière dans chaque traversée terrestre ? rien de plus ? C'est ce dont jugera l'événement. Ecole pour l'humanité môme, en tant

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qu'appelée à définir un jour, sur son théâtre actuel, su constitution sociale? On le saura, quand viendra le règne de la paix, quand se fondera la société libre des agents raisonnables. Il appartient à la liberté de décider d'elle-même et de toutes choses ensuite'.»

J'ignore quel est le sort réservé à la religion de Henouvier. Peut-être elle aura ses destins, elle franchira l'Océan, elle trouvera ses interprètes et ses croyants en quelque secte d'Amérique. Elle est faite pour donner satisfaction à ces chrétiens qui se plaisent à se donner l'illusion de penser librement, en habillant les vieux dogmes de formules neuves. Mais je suis assuré que Kenouvier restera l'auteur des ^'ssms-; le logicien des catégories; le philosophe du nombre, du plusieurs^ en lutte contre toute métaphysique de l'unité; le théologien anarchiste de la république des Dieux; le philosophe de la contingence, adversaire de l'évidence, de l'évolution fatale, du progrès nécessaire ; le moraliste de la justice et de la liberté, prenant au sérieux la vie présente et donnant à l'homme le droit et le devoir de résoudre le problème de sa destinée.

\. Science de la morale : Conclusion.

TABLE DES MATIÈKES

Avant-propos i

Les ouvrages de Charles llenouvier m

CHAPITRE PREMIEU La i'iu:miki*,r philosophik de Rexouvier. Les antécédents du néo- ClUTlClSMi; 1

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