Acte
Puissance.
Force.
Finalité.
Etat.
Tendance.
Passion.
Personnalité.
Soi.
Non-soi.
Conscience.
La loi la plus générale de la pensée, que toutes les lois possibles ne font que diversifier, la première des catégories, qui exprime ce que toutes les autres ont de commun, est la Relation. Elle se pose sous la forme ternaire : Distinction ■ — Identification ^- Détermination. Tout ce que nous connaissons en fait, nous le constituons négativement et par exclusion d'une part, positivement et par composition de l'autre ; cet arbre que je vois est un gi'oupe de rapports variés, dont je disti"ais les rapports environnants, le ciel, les champs, etc., ou il n'a rien de défini à nos yeux... Dans toutes les catégories possibles on réunit pour connaître, et en même temps on distingue. La catétégorie de relation tire donc son elfe!; de la détermination ou limitation qui est une synthèse de la distinction et de l'identification. »
A cette catégorie se rattache, avec la définition des jugements analytiques et synthétiques, la loi régulatrice des relations constantes qui n'est que la loi de l'accord de la pensée avec elle-même et qui comprend le principe d'identité ou de contradiction, et le principe de l'alternative (ou du milieu exclu).
La seconde catégorie est la /oi du nombre : unité, pluralité, totalité. S'il faut en croire Renouvier, cette loi a une généralité presque égale à celle de la loi de relation, à laquelle elle est d'ailleurs étroitement unie. « Sans doute le nombre n'est qu'une espèce de rapport ; mais les rapports de toute espèce enveloppent des nombres, et la
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relalion même, prise en général, a nn élément numérique. » Que faut-il entendre par là? Un phénomène, nous l'avons vu, ne nous est jamais donné comme simple, comme absolu, il ne nous est jamais connu qu'enveloppé dans quelque l'apport, mais qui dit rappoit dit termes multiples, entre lesquels ce rapport s'établit. Tout phénomène à ce litre enveloppe donc une pluralité. « Or le plusieurs est toujours représenté corrélativement à Yun, et Vwi corrélativement au plusieurs. Cette corrélation, abstraction faite de la nature des phénomènes considérés respectivement comme un ou comme plusieurs, donne le nombre en général, c'est-à-dire le tout d'unités. La synthèse de ces deux contraires unité, pluraliié est donc la totalité. Le phénomène, toujours composé, se présente à volonté comme un, comme plusieurs et comme tout ^ » Renouvier s'etîorce ainsi d'établir que le nombre est lié à toute relalion, donné dans toute, connaissance, dans tout phénomène. Le nombre n'est pas, comme le dit Kant, le schéma de la quantité; il lui est antérieur, il est posé avant elle; c'est de lui qu'il faut déduire « les rapports généraux de quantité, de grandeur et de mesure qui en dépendent analytiquement. » On trouve la quantité dans le nombre, quand on en dégage le rapport de contenant à contenu qu'il enveloppe. « Le nombre déterminé est un tout eu égard aux parties composantes. Les unités du nombre sont les parties du tout. Le rapport du tout à la partie, du contenant au contenu, est ainsi donné dans la catégorie du nom-bre, et, quoique ce rapport se présente encore ailleurs et se mêle à divers autres, nulle part on ne le rencontre qu'il n'implique une relation numérique. Les parties sont toujours, moyennant une certaine abstraction, des unités; il y a tant de parties dans un tout. L'application du nombre aux objets des autres catégories, considérés comme des touts départies, donne la quantité.
\. Premier Essai, t. I, p. 256.
La quantité est le tant ci répond à la question combien... Lorsque Ton peut faire correspondre exactement la quantité numérique à la quantité concrète, on a la mesui'e de cette dernière'. » Que par l'analyse on dégage du nombre la quantité, il n'y a à cela rien de surprenant, puisque le nombre n'est que la quantité définie. Mais n'y a-t-il pas quelque chose d'arbitraire à mettre le nombre avant la quantité, à faire de cette notion qui exige l'élaboration de l'entendement discursif une catégorie, à l'ériger en donnée primordiale qui se retrouve impliquée dans toute relation, dans toute connaissance. Si toute relation implique nombre nous ne pouvons percevoir que nous ne calculions ; or on parle de peuplades qui ne dépassent pas le nombre trois. Invoquerons-nous pour nous tirer d'embarras l'existence d'un nombre indéterminé qui précède dans l'esprit le nombre défini; mais ce nombre n'est plus un nombre, il nous ramène aux idées de tout et de partie, de contenant et de contenu, de plus grand et de plus petit, il revient à l'aveu que la quantité est antérieure au nombre. Renouvier répondrait à ces objections que par le nombre seul on sort de Findétini et que la pensée implique des relations définies entre des termes définis. A cette catégorie se rattache l'examen des principes de l'arithmétique qu'elle domine : « Ces relations numériques rentrent toutes dans la plus simple d'entre elles, Yaddition, qui elle-même se réduit à la composition des unités ; et cela doit être, car rien de plus ne nous est donné dans la représentation du nombre '. » Une fois posée la synthèse qui donne le nombre, l'arithmétique est une science purement analytique.
Les lois de position et de succession répondent aux formes a priori de la sensibilité, que Kant distingue des catégories comme les conditions de l'intuition en les opposant aux conditions de la pensée; selon Renouvier,