‹ La philosophie de Charles RenouvierChapitre 99 sur 182 · Essai de psycholof/ie, t. II, p · texte numérisé non relu

Essai de psycholof/ie, t. II, p

a la responsabilité dos jugements qui lui sont propres. Mais dans riiypothèsc de la nécessité des jugements chez tous et chez chacun, c'est cette nécessité qui porte la responsabilité des variations et des contradictions des penseurs, si du moins ce mot de responsabilité était applicable là où il n'y a d'imputation faite à personne... La nécessité se détermine contradictoirement avec elle-même en ces déterminations contradictoires des philosophes et des philosophies; et il est impossible de rien conclure. La nécessité véritable juge, rend des arrêts inconciliables, selon les organes par lesquels elle s'exprime et s'exprime nécessairement. Dès lors de deux choses l'une : ou, content de mon lot, tout en sachant bien que ce qui est nécessité pour moi est nécessité contraire pour d'autres que moimême, je me résignerai à cette condition fâcheuse,' en me flattant d'être l'objet d'un privilège qui fait que la même nécessité, qui dicte à d'autres des jugements faux, m'en dicte de vrais à moi; ou plus modeste et frappé de la triste imperfection d'un état de choses tellement contraire à ce que paraîtrait requérir la présence d'une vérité à la fois certaine et nécessaire parmi les hommes, je n'oserai plus rien affirmer en dehors du consentement général. Dans ce dernier cas, j'aurai conclu au septicisme touchant toutes les grandes questions en litige parmi les philosophes. Mais, dans le premier cas, si je puis rester confiant, ou peut-être même devenir insolent dans mon dogmatisme, il est facile de voir que quiconque me jugera, moi et les autres, d'un point de vue supérieur et impartial, se trouvera conduit au scepticisme que je n'aurai moi-même évité qu'arbitrairement'. » En un mot, si tous les jugements sont nécessaires, il ne peut y avoir de vérité qu'à la condition que tous les esprits s'accordent à la reconnaître, mais si des jugements également nécessaires posent, par les différents hommes qui les formulent, des

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