La Philosophie de la liberté. 2' édit., t. I. XV* leçon
france qui assaillent l'homme à son berceau, avant toute faute personnelle, mais encore et surtout par la prédisposition intérieure et extérieure à commettre le mal '. Elle ressort des deux faits suivants : (( Dans le monde actuel, le mal moral s'impose à la volonté des individus ; les conséquences du mal moral pèsent sur les individus indépendamment de leur volonté ^ »
A l'origine, la créature était une. Par l'effet de la chute elle s'est divisée; et de cette division proviennent la nature et l'humanité, c'est-à-dire la multiplicité des êtres qui forment le monde actuel. La solidarité incontestable qui lie ces êtres atteste l'unité primitive de la créature. Mais cette unité peut se déduire a priori de l'unité de la volonté créatrice, laquelle est impliquée elle-même par le caractère absolu sans lequel nous ne saurions la concevoir. c( Tout ce qui se lie dans la pensée n'est au fond qu'un dans la réalité. Pour l'esprit philosophique, qui vit de l'infini, cette proposition est un axiome, c'est une donnée élémentaire. Il ne s'agit pas de la révoquer en doute, mais de l'expliquer, de la subordonner au système de la liberté divine, en l'arrachant au panthéisme, dont elle fait le crédit, parce qu'elle en est la vérité ^ »
D'ailleurs, la thèse opposée n'aurait pas de sens. « Le nombre, à lui seul, ne fait pas la richesse. Une plurahté de termes absolument identiques est inadmissible, parce qu'elle ne répondrait à aucune idée.