‹ La Philosophie de Charles SecrétanChapitre 20 sur 90 · La Philosophie de la liberté, p · texte numérisé non relu

La Philosophie de la liberté, p

2, Discours laïques, p, 301,

bien ainsi, et c'est pourquoi j'ai dit tout à l'iieure que ]a conscience nous instruit du mystère de la création. Je ne crois pas que Dieu soit éloigné de chacun de nous : son amour est toujours présent, lors même qu'il se manifesterait par le déchirement intérieur et par les châtiments les plus sévères. — La conscience m'oblige envers moi-même. — A la bonne heure! Il y a donc en moi des fonctions d'inégale dignité. Il y a une partie de moi-même envers laquelle une autre est obligée, et cette partie obligée, c'est le vrai moi, l'être libre, l'être responsable, la volonté. Qu'est-ce à dire, sinon qu'il y a en moi quelqu'un de plus grand que moi, sinon que Dieu est en moi? Et nous n'avons pas chacun notre Dieu particulier : le principe supérieur envers lequel je me sens lié n'est pas différent de celui qui vous oblige, puisqu'en dépit de nos divergences d'opinion, nous savons pourtant qu'il n'y a qu'un bien moral, le même pour tous '. »

Il y a des philosophes qui reconnaissent bien dans l'ordre moral un principe universel et absolu, mais qui n'y voient qu'une loi pure sans une volonté pour l'édicter et pour la soutenir. Ou la loi morale, disentils, est l'expression de notre nature, sans rien qui aille au delà ; ou elle est le commandement d'un maître, lequel ne peut être connu que par une révélation, matérielle et auquel on n'obéit que par la crainte d'un châtiment ou l'espoir d'une récompense. Il faut choisir entre ces deux conceptions qui s'excluent l'une l'autre : si la loi morale n'est qu'un commandement e.xtérieur, et relativement à nous arbitraire, elle

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