‹ La Philosophie de Charles SecrétanChapitre 28 sur 90 · Le Principe de la morale, p · texte numérisé non relu

Le Principe de la morale, p

la tâche assez difficile '. » Devoir, c'est volonté; volonté, c'est Dieu; si le monde ne procède pas d'une cause-volonté, le devoir est inintelligible.

Indispensable à toute morale quelconque , la croyance à la réalité de l'obligation ne se démontre pas, mais s'impose moralement; d'où cette belle formule : Je dois croire au devoir. « Je trouve en moi le sentiment de l'obligation; je rougirais d'en suspecter l'autorité. Ce sentiment est universel dans re?pèce, il est indispensable à l'établissement d'un art de la vie. Tout cela ne démontre pas que l'obligation soit réelle. On me dit que, pour me savoir obligé de faire une chose, il faut que j'en aie constaté préalablement la possibilité. Je tiens au contraire que l'obligation étant parfaitement certaine, c'est cette certitude de l'obligation qui me prouve la possibilité fessentielle) de m'y conformer. Qui clora ce débat? Personne. Non, je ne suis pas logiquement obligé de croire au devoir; mais j'y suis tenu moralement. Je l'affirme et je passe -. »

Secrétan attachait la plus grande importance à cette vue : que la croyance au devoir n'est pas une évidence logique, une nécessité intellectuelle, mais un devoir, donc un acte de libre choix ; un acte libre, parce qu'il est obligatoire, mais obligatoire d'abord, non un simple acte de pari à motif arbitraire. Quoiqu'il ne l'ait pas, comme il l'aurait pu, fortifiée par l'analyse psychologique, en la rattachant à une théorie générale de la croyance, en montrant le rôle de la volonté dans le jugement, il convient, semble-t-il, de

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