‹ La Philosophie de Charles SecrétanChapitre 42 sur 90 · I.e Principe de la morale, p · texte numérisé non relu

I.e Principe de la morale, p

•2. Ibib., p. 162.

Dans l'amour humain, Secrétan, comme Proudhon, voit le couple réaliser une véritable unité de conscience.

Mais il y a un troisième amour, où l'on veut le bien de l'objet aimé purement et simplement et sans retour sur soi-même. C'est la bienveillance, la bienfaisance, la bonté. « Cet amour ne connaît pas de préférences, ni passagères, ni permanentes : universel de sa nature, il choisit librement le champ où son action promet d'être le plus efficace. Tel est l'amour de la sœur de charité pour le malade dont elle lave les ulcères. Il procure aussi le bonheur; mais ce bonheur qui n'est point cherché, ne s'acquiert pourtant que par la souffrance. C'est le triomphe de la volonté sur tous les dégoûts, sur linstinct et sur la nature. C'est la liberté dans la liberté '. »

Ce troisième amour, cet amour de charité ne doit pas être, comme les autres, classé parmi les sentiments. On ne peut dire qu'il soit « aveugle et sans règle ». Est-ce qu'on peut refuser de reconnaître « dans la hienveitlance une direction de la volonté, et même une direction de la volonté parfaitement déterminée »?

« Nous savons tous ce que c'est que la bonté ; et nous savons tous qu'elle existe quelque part, chez quelques-uns. Celui qui est bon, au sens populaire du mot bon, mais pourtant vraiment bon, parce qu'il veut l'être, et non par faiblesse, celui-là s'absorbe dans l'objet de sa sollicitude. Je n'ai point dit de son affection, l'être vraiment bon n'obéit pas à des affections; il veut le bien de celui sur lequel son activité

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