‹ La Philosophie de Charles SecrétanChapitre 50 sur 90 · Discours Idiques, p. 3i · texte numérisé non relu

Discours Idiques, p. 3i

Celui qui veut la liberté J'autrui la respecte, et respecter la liberté d autrui, c'est observer la justice, et l'amour séparé de la justice n'est pas l'amour, mais autre chose, tantôt le fanatisme, tantôt quelque autre passion K »

La charité implique la justice, car voulant le bien et, par suite, la liberté de l'être aimé, elle exclut toute contrainte qui n'a pas pour but de garantir cette liberté. « La bonne volonté est le seul bien réel : vouloir le bien d'autrui, c'est vouloir qu'il veuille le bien, résultat qui ne saurait absolument être atteint par voie de contrainte. Ainsi la réalisation du bien positif exclut la contrainte, et quiconque poursuit le bien positif doit s'en interdire absolument l'emploi... La liberté des individus n'est point dans son abstraction le bien positif, mais comme elle en forme la condition indispensable, comme elle ne saurait d'ailleurs se déployer au dehors dans sa plénitude et que celle de chacun peut être détruite ou gênée par l'emploi de celle d'un autre, le bien positif exige une organisation collective destinée à garantir par la contrainte la liberté des individus en la réduisant à la mesure compatible avec la même liberté chez les autres. Telle est la justice, principe de l'État, sa raison d"ètre et par conséquent la borne légitime de sa compétence ^ »

La charité s'appelle justice en tant qu'elle assure la liberté des individus par la contrainte, par l'État. Et grâce à l'État, organisme du droit, elle peut pour-

Page 1