‹ La Philosophie de Charles SecrétanChapitre 57 sur 90 · Ennénrles. Sixième ennéade, liv. YIII · texte numérisé non relu

Ennénrles. Sixième ennéade, liv. YIII

soi résulte un effet constant et éternel. C'est, dit-il, que la volonté de Dieu n'est pas une volonté, mais la volonté pure, inconditionnelle. Elle ne se meut point, comme la nôtre, dans des conditions qu'elle n'a point tracées; et celles qu'elle s'est données demeurent toujours les mêmes, parce qu'il n'y a point en elle de succession, par suite point de changement, point de progrès. Cause pleine, entière, parfaite, que rien ne limite, son acte ne peut être qu'un : il forme un tout achevé. L'acte par lequel Dieu s'est fait (la causation de Dieu par soi, 7:o'.Y,Tt; aÔToîi), avait dit Plotin, doit exister tme fois pour toutes (a-a:) ; cet acte est absolu, pai t'jiit, donc unique et immuable '.

Après Piolin, voici Lactance qui, à son tour, professe que Dieu s'est donné l'être à lui-même. « Dieu, dit-il, existe par lui-même; c'est pourquoi il est tel qu'il a voulu être {et ideo talis est qualem esse se voluit), impassible, immuable, incorruptible, bienheureux, éternel -. » La proposition ne pouvait être énoncée en termes plus formels; mais elle n'est pas expliquée.

11 faut ensuite aiTiver jusqu'à Descartes pour voir l'idée de l'absolue causalité divine poussée, en apparence, à cette conséquence extrême. Duns Scot, le premier des maîtres que reconnaît et nomme

1. Il y a dans la Philosophie de la //i^'^e quelques pages sur le néo|)latonisme. Mais Secrélan ne l'avait guère étudié, senible-t-il, que dans l'Histoire de l'École d'Alexandrie de Jules Simon. Il n'a pas vu — non plus que Jules Simon — que, pour Plotin, la première hyposfase de la trinité néoplatonicienne, l'Un, supérieur à l'iulelligence, est volonté pure et partant cause de soi, d'où vient que la dialectique ne peut remonter plus haut.

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