‹ La Philosophie de Charles SecrétanChapitre 61 sur 90 · Les Principes de la philoso/>hie, 2" partie, 36 et · texte numérisé non relu

Les Principes de la philoso/>hie, 2" partie, 36 et

2. Ifiid.. 20. — Descartes veut que toutce <|ui est étendu soit, pour Dieu, divisible, lors même qu'il serait indivi-ible pour touie créature. C'est ce qu'il répète daus uue de ses lettres à Morus.

puissance même inhérente ù sa nature parfaite. Nous avons une lettre curieuse de Descartes qui ne laisse aucun cloute sur ce point, et qui confirme et complète sa réponse à Arnauld. Un de ses correspondants lui avait envoyé un écrit où étaient résumés ses principes philosophiques. Il lui répond qu'il n'a vu nulle part jusqu'ici « ce qu'il y a de moelle et de substance dans sa métaphysique mieux compris et renfermé que là dedans », et il ajoute :

« Je marquerai ici deux ou trois endroits qui sont les seuls où j'ai remarqué que vous vous étiez éloigné, non pas de mon sens, mais de la façon ordinaire dont je m'exprime. Il y en a deux en la quatrième colonne : le premier contient ces mots : Ni Dieu n'a pas non plus la faculté de se pi'iver de son existence, car par ce mot de faculté nous entendons ordinairement quelque perfection; or ce serait une imperfection en Dieu de se pouvoir priver de sa propre existence : c'est pourquoi pour obvier aux calomnies des médisants, je serais d'avis que vous vous servissiez de ces mots : El il répugne que Dieu se puisse priver de sa propre existence, ou qu'il la omisse perdre d'ailleurs, etc.

« Le second est où vous dites que Dieu est la cause de soi-même : mais pour ce que ci-devant quelquesuns ont mal interprété ces paroles, il me semble qu'il est à propos de les éclaircir en leur donnant l'explication suivante : être la cause de soi-même, c'est-à-dire : être par soi et n'avoir point d'autre cause de soi-même que sa propre essence, que Von peut dire en être (a cause formelle '. »

l. (l'AUves philosopitiqiies de Descartes, édit. Garnier, t. IV, p. 30il. — Il faut croire (jue Secrétan avait lu ce passage avec

Les deux corrections que conseille Descartes s'accordent parfaitement entre elles et s'expliquent l'une par l'autre; elles prouvent qu'il n'entendait nullement faire de Dieu l'auteur, la cause libre, de son essence. Très certainement il veut dire que l'on doit refuser à Dieu le pouvoir, la liberté, de se priver de l'existence; parce que ce pouvoir, cette liberté serait incompaiible avec la perfection de sa nature. Secrétan voit là un (( problème effrayant ' » ; mais ce n'est pas dans la métaphysique cartésienne, c'est dans la théorie secrétaniste de la liberlé ;:bsoIue que peut se poser et que se pose en effet un tel problème. Et l'on peut ajouter que, dans la théorie secrétaniste, ce problème ne peut recevoir qu'une solution affirmative. L'absolue liberté n'étant, comme le remarque M. Liard, astreinte à aucune nécessité intérieure, il faut aller jusqu'au bout, et, sous peine de l'amoindrir et de la nier, lui reconnaître le pouvoir de s'anéantir -.

hien pan d'altenlion, ou avoc une Ijicn forle préoccupalion, car il y a vu le contraire de ce <|u'il contient. •< Il rcpu^iîcrait à Descartes, dit-il, d'accorder formellement que Dieu n'ait pas la faculté de se priver de son existence » {La Philosophie di; la liberté, t. I, p. 133). L'idée préconçue lui a fait voir ne se puisse /■as lia lieu de se puisse. La méprise e«t si énorme (|u"clle parait incroyable. Aussi a-t-elle passé dans d'autres ouvraues. Dans son E.-sai de la philosophie de Duns Scot (p. 267 , M. Piuzan-Ui répète la phrase morne de Secrétan, tout en rc:ivo\a:it — comme Secrétan d'ailleurs — au texte de Descaries fjià la contredit.

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