‹ La Philosophie de Charles SecrétanChapitre 66 sur 90 · Sionma theolof/ica, part. I, quaest. x, art · texte numérisé non relu

Sionma theolof/ica, part. I, quaest. x, art

OBSERVATIONS HISTORIQUES ET CRITIQUES lo7

ajouter qu'il n'y a pas en elle de parties, pas de succession, pas de distinction de l'avant et de laprès '. D'où il suit que dans l'éternelle connaissance divine coexistent, réellement et également présentes, toutes les choses qui sont dans le temps -.

Cette opposition essentielle de l'éternilé et du temps ne peut, selon nous, résister à la critique. Que restet-il d'intelligible dans l'idée d'éternité après qu'on en a ôté celle de temps ou de durée successive? Ne l'at-on pas vidée de tout contenu ? Mais la langue ellemême proteste contre la vanité de cette opération métaphysique? Qu'est-ce que c'est que cette éternité qui n'est pas composée de durées successives, en qui n'entre pas l'idée de grandeur ou de nombre, qui diiîère du temps par essence, par nature, qui n'a rien de commun avec le temps, sinon un mot dépourvu de sens? N'est-il pas évident que c'est avec l'idée de temps, de succession, que nous formons celle d'éternité, et qu'à prétendre l'élever, en quelque sorte, dans les nuages, au-dessus de notre constitution intellectuelle, on finit par ne plus s'entendre soi-même? N'est-elle pas contradictoire dans les termes mêmes cette éternité où l'on fait coexister les successifs?

On peut s'étonner qu'en cette question de l'éternité divine Secrétan ait suivi Boèce et saint Thomas plutôt que Duns Scot. Le Docteur Subtil s'en tenait à l'éternité successive. Secrétan veut que Dieu soit élevé au-dessus du temps, soustrait à la loi du temps : il faut que l'éternité divine soit de telle nature que le

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