Lf Piincipe de la morale, p
MORALE
faut donner pour fondement à la morale, à la civilisation au progrès. Or, une théorie qui fonde le progrès moral et social sur une illusion parait contradictoire dans son essence, sinon dans ses termes, en tant qu'elle affirme et nie à la fois implicitement la possibilité du savoir. Le savoir possible suppose la vente possible, c'est-à-dire la correspondance possible entre nos représentations et leur objet. Celte correspondance est un ordre, une harmonie que l'on est oblige d'admettre avant toute recherche quelconque et que l'on ne peut nier dans un cas, sans la nier implicitement dans tous les cas. « Si l'emploi de l'intelligence que nous estimons régulier nous conduisait a reconnaître l'incompatibilité de la vérité théorique et de la vérité pratique, un tel résultat suggérerait les doutes les plus graves sur la compétence de nos facultés \ mentales, sur la possibilité de la connaissance en ■ crénéral. Or, toute application de la faculté de connaître qui aboutit à mettre en question la possibilité de la connaissance se détruit naturellement ellemême. Telle est la contradiction qui nous semble frapper le système du progrès moral fondé sur l'illusion de la liberté '. »
L'empirisme pur n'est pas moins incompatible avec la morale que le déterminisme universel. Morale empirique, deux mots qui se contredisent. La morale implique une règle de conduite universellement valable. Cette règle ne peut être fournie par 1 expérience. Elle ne peut se fonder sur l'idée que l'on se fait du bonheur d'après tel ou tel chiffre d'observations. Est-ce qu'on peut accorder une portée univer-