‹ La philosophie de Charles Secrétan [microform]Chapitre 34 sur 70 · Le Principe de la morale, p · texte numérisé non relu

Le Principe de la morale, p

création, il n'est d'autre route royale que la perception sensible, l'induction, la généralisation graduelle '. »

Quelles sont les notions de fait où se résument la nature, auxquelles se ramène, par suite, l'objet du devoir? Il y en a deux : la liberté et la solidarité : nous sommes libres et nous faisons partie d'un tout. Mais la liberté est-elle un fait de conscience, d'expérience psychologique? On pourrait désirer que, sur ce point, le philosophe s'exprimât plus nettement ou s'accordât mieux avec lui-même. Il dit lui-même que, s'il nous parait loisible de choisir entre plusieurs partis selon notre gré, ce n'est là rien de plus qu'une présomption, et que le sentiment intérieur de ce pouvoir n'en démontre nullement la réalité. Or, si la liberté n'est certaine que comme condition du devoir, envisagé dans sa forme apriorique, on ne peut, sans contradiction, la faire entrer comme notion de fait, dans l'élément empirique de la morale. Peut-être faut-il ajouter que, la langue psychologique étant mal faite, une certaine confusion résultait, dans la pensée de Secrétan, des sens dilTérents que le mot liberté a reçus, et que l'analyse doit distinguer. Peut-être ne faisait-il pas attention que la liberté, réalisation de la nature humaine et objet du devoir, est autre chose que le libre arbitre, condition métaphysique de la réalité de l'impératif.

Quant à la notion de solidarité, nul doute possible sur son origine empirique. Chacun de nous est une partie d'un tout, non un tout suffisant et complet : (( Ceci, c'est bien fexpérience qui nous contraint à

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