Eîinéades. Sixième enncade, liv. Vlll
il4 LA PHrLOSOPHIE DE SECRET AN
soi résulte un effet constant et éternel. C'est, dit-il, que la volonté de Dieu n'est pas une volonté, mais la volonté pure, inconditionnelle. Elle ne se meut point, comme la nôtre, dans des conditions qu'elle n'a point tracées; et celles qu'elle s'est données demeurent toujours les mêmes, parce qu'il n'y a point en elle de succession, par suite point de changement, point de progrès. Cause pleine, entière, parfaite, que rien ne limite, son acte ne peut être qu'un : il forme un tout achevé. L'acte par lequel Dieu s'est fait (la causalion de Dieu par soi, Tror/^^rc; aÙTou), avait dit Plotin, doit exister une fois pour toutes (oltzxI); cet acte est absolu, pni r.ut, donc unique et immuahle K
Après Ploun, voici Lactance qui, à son tour, professe que Dieu s'est donné l'être à lui-même. « Dieu, dit-il, existe par lui-même; c'est pourquoi il est tel qu'il a voulu être {et ideo tnlU est qualeni esse se voluit), impassible, immuable, incorruptible, bienheureux, éternel -. » La proposition ne pouvait être énoncée en termes plus formels; mais elle n'est pas expliquée.
Il faut ensuite arriver jusqu'à Descartes pour voir ridée de l'absolue causalité divine poussée, en apparence, à cette conséquence extrême. Duns Scot, le premier des maitres que reconnaît et nomme
1. Il y a dans la Philosophie de la liberté quelques paries sur le néoplaloiiisme. Mais Secrélan ne l'avait guère étudié, semb!e-l-ij. que dans Vnistoire de V École d'Alexandrie de Jules Simon. Il n'a pas vu — non plus que Jules Simon — que, pour Plotin, la première liypostase de la triiiité néoplatonicienne, rUn, supérieur à 1 intelligence, est volonté pure et partant cause de soi, d'où vient que la dialectique ne peut remonter plus haut.