Ibid., p
encore cause de sa propre substantialité c^est-à-dire vie 11 faut qu'il soit quelque chose de plus : il taul qu'il produise la loi de sa vie. (c La circulation de la vie obéit à des lois. L'activité de l'être existant par lui-même est une activité réglée. D'où lui vient cette règle?... Si la règle de cette activité lui vient d ailleurs il est relatif : supposant un autre être, il est limité par celui-ci. Mais s il possède cette règle en lui-même, ainsi que l'exige la notion de 1 abso u, c'est qu'il se la donne : il est, dans un sens positit cause de sa propre loi ; il se fait ce qu'il est, il produit la manière dont il se produit ^ » Or, se donner a soimême sa loi, c'est être esprit ou volonté ou liberté : ces trois mots expriment la même notion.
En cette recherche de l'inconditionnel, sommesnous arrivés au terme? Pas encore. L'être absolu se donne la loi; il est esprit, il est libre. Mais d où lui vient cette liberté? D'où vient la faculté qu'il possède de déterminer lui-même la manière dont il est cause? L'a-t-il reçue? Dans ce cas, il ne serait pas absolu; il ne posséderait qu'une liberté partielle et restreinte comme celle des hommes. « L'être qui existe par luimême ne tient évidemment la liberté que de luimême, c'est-à-dire, au sens positif, qu'il se la confère. Substance, il se donne l'existence : Vivant, il se donne la substance : Esprit, il se donne la vie : Absolu, il se donne la liberté. L'être absolu, cause de sa propre liberté, la possède pleinement, puisque nous ne trouvons rien dans son idée qui puisse la limiter. Il esi absolue liberté \ »
1. La Philosophie de la liberté, 2«éd., l. 1, XV« leçon, p. 361.