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Absolue liberté, c'est liberté élevée à la seconde puissance, liberté d'être libre. Il faut, selon Secrétan, aller jusque-là pour « remplir le mot causa sui », et il faut le remplir, sans quoi l'absolu nous échappe. Substance, vie, esprit, liberté absolue : voilà les quatre degrés de l'ascension dialectique que nous impose la recherche de l'absolu. On ne peut l'atteindre qu'au quatrième degré. C'est s'arrêter arbitrairement au troisième, de dire que l'être absolu est libre par nature, qu'il tient la liberté de son essence. Car « c'est mettre en lui cette contradiction que d'un côté il se détermine, tandis que de l'autre il est primitivement déterminé ». Il n'est donc causa sui qu'avec des limites. Il n'est donc qu'un esprit fini. L'esprit infini doit être tout esprit, toute liberté, et ne peut rien être qu'esprit, que liberté, a L'esprit fini est à la fois esprit et nature, et non pas seulement esprit. La perfection de l'esprit serait d'être pur esprit, sans nature : l'esprit pur n'est que ce qu'il se fait, c'est-à-dire qu'il est absolue liberté. Ici nous sommes arrêtés. Il est impossible de remonter au delà de la formule de la liberté absolue : Je suis ce que je veux', cette formule est donc la bonne ^ »
Cette formule paradoxale, où aboutissent ses déductions, Secrétan la justifie par la comparaison des deux idées de perfection et de liberté. « L'idée de Dieu est celle de l'être parfait; mais un être parfait de sa nature le serait moins que celui qui se donnerait librement la même perfection; Tidée dun être parfait de sa nature est donc une idée abstraite et contradictoire; l'être parfait de sa na^wre serait encore
1. La Philosophie de la liberté, 2«éd., t. I, XV*= ieçou, p. 364.
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imparfait; l'être parfait est celui qui se donne luimême la perfection qu'il possède, « f t-a-d.re 1 être absolument l.bre ; donc Dieu est absolumen hb e ou plutôt il est absolue liberté. La liberté fa. toute sa nature. S'il possédait naturellement d autres attributs, il ne serait pas libre de les prendre ou de les quitter, sa liberté ne serait pas absolue . »
Toute cette analyse repose sur les rapports qu e ablit l'auteur entre la liberté et la nature, ce L absolu, dit-il, n'a pas de nature; toute nature est ncc, denvee, secondaire. La nature est ce qui est détermine; le principe de toute détermination n'en comporte luimême aucune K » Et plus loin : « L'être absolu se donne à lui-même sa nature, ses puissances et sa liberté... Sa volonté n'est pas, comme la notre, un élément de sa nature, qui se meut dans des conditions qu'elle n'a point tracées. Ce n'est pas «ne volonté, c'est la volonté pure, inconditionnelle, qui se donne à elle-même ses conditions \ »
Cette liberté absolue est incompréhensible. Mais si on ne met la liberté au sommet de tout, elle n a de place nulle part. Si elle n'est tout, elle n'est rien. La philosophie régressive est obligée d'en faire 1 abso u même, pour la conserver à l'homme. Si l'être absolu est nécessairement ce qu'il est, il produit nécessairement ce qu'il produit, et la philosophie progressive ne peut trouver partout que la nécessite, laquelle s'étend du principe à tout ce qui en dérive. Nul autre moyen que la liberté absolue d'échapper à la neces-
1. La Philosophie de la liberté, 2' éd., 1. 1, XV' leçon, p. 306.
•2. Ihid., p. 369.